XLIV De la même à la même Paris, 1829. Comment, ma chère, un an sans lettre ?… Je suis un peu piquée. Crois-tu que ton Louis, qui m’est venu voir presque tous les deux jours, te remplace ? Il ne me suffit pas de savoir que tu n’es pas malade et que vos affaires vont bien, je veux tes sentiments et tes idées comme je te livre les miennes, au risque d’être grondée, ou blâmée, ou méconnue, car je t’aime. Ton silence et ta retraite à la campagne, quand tu pourrais jouir ici des triomphes parlementaires du comte de l’Estorade, dont la parlotterie et le dévouement lui ont acquis une influence, et qui sera sans doute placé très haut après la session, me donnent de graves inquiétudes. Passes-tu donc ta vie à lui écrire des instructions ? Numa n’était pas si loin de son Égérie. Pourquoi n’as-tu


