đ Prologue â Le feu et les ombres
Les flammes dansaient.
Elles Ă©taient partout â sur les toits, dans les rues, sur les corps.
La chaleur mordait la peau de Lyra, mais elle ne criait pas. Elle ne pouvait plus.
Tout ce quâelle entendait, câĂ©tait le crĂ©pitement du feu et, quelque part dans la nuit, un hurlement inhumain.
Un son qui nâappartenait ni Ă un animal, ni Ă un homme.
Elle serrait dans ses bras une petite boßte en argent, trouvée prÚs du corps sans vie de sa mÚre.
Son souffle tremblait.
Ses yeux reflétaient le brasier.
â Cours, Lyra.
CâĂ©tait la derniĂšre chose que sa mĂšre avait dite.
Alors elle courut.
Ă travers la fumĂ©e, Ă travers les cris, sans savoir oĂč aller.
Ses pieds nus frappaient le sol brĂ»lant, mais elle ne sentait plus rien â ni la douleur, ni la peur, seulement cette voix dans sa tĂȘte qui murmurait :
> Le feu purifie. Le sang appelle les anciens.
Quelque chose explosa derriÚre elle. Le sol se déroba.
Une ombre immense sâĂ©leva au-dessus des flammes â deux yeux rouges, sans pupille, la fixaient depuis le ciel incandescent.
Elle tomba Ă genoux, incapable de bouger, alors quâune pluie de cendres recouvrait son visage.
La crĂ©ature sâapprocha, sa forme se dissolvant dans la fumĂ©e.
Et juste avant que tout ne devienne noir, une voix grave, douce et glaciale Ă la fois, souffla Ă son oreille :
> â Nous nous reverrons, hĂ©ritiĂšre du CrĂ©puscule.
Puis tout disparut.