Puis, la toile se leva sur l’acte du « Jardin ». Ce fut tout de suite une sorte de fièvre d’amour qui se répandit dans la salle, car jamais cette musique, qui semble n’être qu’un souffle de baisers, n’avait rencontré deux pareils interprètes. Ce n’étaient plus deux acteurs illustres, Montrosé et la Helsson, c’étaient deux êtres du monde idéal, à peine deux êtres, mais deux voix : la voix éternelle de l’homme qui aime, la voix éternelle de la femme qui cède ; et elles soupiraient ensemble toute la poésie de la tendresse humaine. Quand Faust chanta : Laisse-moi, laisse-moi contempler ton visage, il y eut dans les notes envolées de sa bouche un tel accent d’adoration, de transport et de supplication que, vraiment, le désir d’aimer souleva un instant tous les cœurs. Olivier se rappela qu’


