Angélique Gouin regardait Mary avec des grands yeux extasiés, les mains jointes sur le cœur : — Mon Dieu, comme vous en parlez ! Jamais personne n’a su trouver ces mots pour parler ainsi de mon œuvre… J’en ai les larmes aux yeux, savez-vous Mary ? — Je ne me trompe donc pas ? Angélique Gouin haussa les épaules une nouvelle fois et, les mains toujours jointes : — Comme vous avez su pénétrer mon cœur ! Il est vrai que cet ouvrage a recueilli bien des suffrages, mais jamais on ne m’en a parlé comme vous venez de le faire, avec cette flamboyance, ce lyrisme… Elle paraissait si émue - à moins que ce ne fut encore une manifestation de ses dons de comédienne - qu’elle n’en trouvait plus ses mots. « Un comble pour une femme de lettres », glissa son mauvais ange à Mary. — Humm… fit celle-ci.


