Chapitre 8 Je suivis lentement le long ruban de bitume noir et luisant, parfois couvert d’une mince pellicule d’eau turbide, et qui paraissait flotter sur le marais. Rien ne me prédisposait à m’arrêter dans un village plus que dans un autre. Cependant je repris un café à la Tourberie, à Marouin, à la Bonde des Marais. Heureusement qu’ils n’étaient guère plus corsés que celui de Louise, car je n’aurais pas tardé à me sentir fébrile. Les gens me regardaient avec indifférence ou avec curiosité. Ce n’était pas la saison des touristes qui, en été, venaient en cars charter visiter le marais. Une tenancière consultée me dit: — Les touristes ne s’attardent pas. Ils n’ont qu’une hâte, c’est d’aller au casino de La Baule perdre leurs sous dans les machines. Elle haussa les épaules d’un air dé


