Chapitre 11 Dans la nature, il n’est guère de plus beau bruit que le fer d’un cheval sur la pierre dure du chemin. C’est apaisant, sécurisant et en harmonie avec la nature. Le cheval va son train, ni trop vite, ni trop lentement. Je parle bien sûr d’un cheval attelé, du cheval qui traîne un fardeau, pas des chevaux de parade du haut desquels les gosses de riches toisent la piétaille. Le frison noir de Serge Boncœur, en dépit de son port altier, de sa démarche élégante, était un cheval de travail. La charge qu’il traînait ne paraissait pas lui peser beaucoup. Sur la charrette, les bottes de jonc sanglées par des cordes montaient haut mais, pour un cheval puissant comme Philémon, c’était là une broutille. Car il s’appelait Philémon, cet animal. J’avais entendu Boncœur lui parler. Rude mé


