— S’il avait réussi, dit-il, tu ne serais pas ici à réfléchir. Tu ne serais pas en train de chercher des réponses. Tu serais retournée ramper… ou tu serais morte. Elle détourna le regard. Cette phrase-là ne la caressa pas. Elle la redressa. Ils restèrent silencieux un moment, comme si la pièce avait besoin de respirer. Puis Aylia posa la question qui la brûlait depuis la veille, depuis le “enterré”. — Qui t’a laissé mourir ? Raphaël ne répondit pas. Ses yeux se durcirent légèrement, mais pas de colère. De mémoire. Il resta immobile longtemps, puis dit : — Tu veux un nom ? Aylia hocha la tête. Il inspira doucement. Et quand il parla, sa voix n’avait plus rien du calme ordinaire. Elle avait cette gravité d’une vérité qu’on ne dit pas souvent. — Kaël. Le prénom tomba comme un


