VIII PREMIERS MALHEURSLe lendemain de ce jour eut bien d'autres lendemains encore. Les deux amants prirent l'habitude de ces douces causeries de chaque soir. Jamais plus chaste amour ne ravit deux cœurs plus dignes l'un de l'autre. Olivier voulut se faire pardonner son audace. Peu à peu, sans réticences, sans détour, Olivier raconta son histoire à Henriette. —Hélas! mon amie, je suis indigne de vous. —Non, répondait la jeune fille, puisque mon cœur vous a choisi. —Votre père consentira-t-il jamais à notre union? —Pourquoi non? Qu'était-il avant d'être riche? —C'est vrai, ma douce Henriette; mais malgré mon peu d'expérience du monde, je sais fort bien que ceux qui sont arrivés n'aiment pas à se rappeler d'où ils sont partis. —Mon père n'est pas ainsi. —Dieu le veuille! —Et, d'ail


