XVIII Rêve de jeunesseIl faisait nuit encore quand le nabab s’éveilla. L’habitude abrégeait pour lui les effets de l’opium. Il avait froid. Il se dressa lentement et jeta autour de lui son regard, appesanti par un reste de sommeil. Le boudoir était désert. On eût dit que Montalt cherchait à retrouver les illusions d’un rêve enfui. – Elles étaient là…, murmura-t-il ; quand j’ai fermé les yeux, vaincu par l’opium, j’ai senti longtemps leurs mains dans mes mains… et à travers mes paupières closes, il me semblait encore que je les voyais sourire… Il passa le revers de sa main sur son front. – Sais-je ce que Dieu m’envoie ?… reprit-il avec un accent de tristesse et de doute ; depuis hier, les souvenirs se pressent dans ma mémoire… Le passé prend une forme et surgit devant mes yeux incréd


