I Tables d’hôteLe duel de la porte d’Orléans avait eu lieu le mercredi ; on était au samedi soir. La principale auberge de Redon, le Mouton couronné, qui n’avait plus pour maître, hélas ! le bon père Géraud, ancien cuisinier au long cours, faisait aujourd’hui de notables recettes. Il y avait, en vérité, deux tables d’hôte très bien garnies, à l’heure du souper : l’une composée de rouliers rennais, de Sauniers, de Guérande et de fermiers des environs ; l’autre illustrée par la présence de toute la société des bourgs voisins, qui venait pour la solennité du lendemain. On était, en effet, aux derniers jours de novembre, et il faut n’avoir pas de carriole pour manquer la grand-messe de la cathédrale de Redon, un dimanche de fête majeure. La société venait de s’asseoir autour de la longue


