#UnAmourIncestueux
****ÉLODIE ISABELLA TAVAREZ****
J'ai passé l'une des plus pires nuits de toute ma vie. C'était vraiment cruel venant de la part de Makhtar.
Je croyais que j'allais passer l'une des nuits les plus magiques de toute ma vie mais non. Ce c*****d s'est endormi et m'a laissée comme ça.
J'ai passé toute la nuit à pivoter de gauche à droite. J'étais franchement en colère contre lui et en même temps contre moi-même car j'ai pris la décision de me marier avec makhtar, sachant bien comment il aimait sa sœur.
En parlant d'elle sax, je n'avais plus de nouvelles la concernant. Elle était sûrement en train de vivre les moments les plus sombres de sa vie Ndeysann.
J'ai été la première à me réveiller. Après avoir pris une douche, j'ai décidé de descendre en bas afin de prendre mon petit déjeuner mais je vis mes deux belles sœurs : Lawratou et Assy ainsi que mon beau frère Tapha.
Je donnai la main à ma belle mère avant de prendre place. Elle pensait vraiment que j'allais faire une génuflexion mais non.
C'est quoi une génuflexion même ? C'est elle qui a pris la décision d'habiter avec moi, donc elle n'a qu'à assumer.
__Ma fille où est ton mari ? Questionna ma belle mère.
__ Il est encore au lit. Répondis-je séchement.
__Pourtant je voulais vous amener le petit déjeuner au lit mais bon tu es venue toi- même. Ajouta Lawratou.
__Comme tu peux le voir. Répondis-je séchement, encore.
Ayant sûrement remarqué ma froideur, elle se tût. Je n'avais même pas la tête à parler avec qui que ça puisse être.
Je ne comptais en aucun cas laisser cette Lawratou s'immiscer dans ma vie. Rien qu'en voyant sa tête, on sait qu'elle est une vraie commère wayei fila may fekk.
Par la suite je suis remontée en haut où mon mari dormait encore. Je décidai alors d'aller prendre de l'air dans le balcon. Une fois là-bas, je me suis mise à manipuler mon téléphone mais cette stabilité prit fin quand ma belle sœur m'y rejoint.
__Sais-tu que ton mari ne t'aime pas ? Et qu'il est toujours amoureux de sa sœur ?
À l'entente de ces mots, j'avais juste envie de l'étrangler mais je me suis retenue.
__Lawratou niatta att nga am ?
(Lawratou, quel âge as-tu ?)
__euh 17 ans.
__ça ne te regarde pas okay ? Non mais de quoi je me mêle ? Ça ne regarde que mon mari et moi, alors calme-toi tchippp. Ôte-toi de ma vue vite !
__pourtant je ne faisais que t'avertir...tenta-t-elle.
__HORS DE MA VUE !
elle descendit presqu'en courant et je me reconcentrai sur mon téléphone. Elle avait gâché ma journée sax.
Cette famille ne perd rien pour attendre !
****SOKHNA MAÏ RASSOUL SECK****
Si la honte pouvait tuer, je serais déjà morte depuis longtemps. Je me demandais bien comment j'avais pu essayer de me soûler.
Je regrettais amèrement mon acte. Si ce n'était pas grâce à mon pire ennemi, j'allais boire ce verre d'alcool....
***FLASH BACK***
J'allais boire le verre quand on me retint.
__en tant qu'avocate, tu oses te soûler !
Quand j'ai levé les yeux et que nos regards s'étaient croisés, j'ai cru que j'allais mourir de honte.
La peur me submergeait, oui j'avais peur, peur qu'il me filme ou qu'il me crée des problèmes le jour où on se retrouverait au tribunal.
En effet, Chérif est un avocat tout comme moi. Et on se retrouvait souvent ensemble dans des procès mais le problème est qu'il ne supporte pas le fait que je sois beaucoup plus talentueuse que lui.
Parfois on se disputait en pleine audience. Il me déteste et ne me le cache pas. Et je ne le porte non plus dans mon cœur.
__En quoi ça te regarde ? C'est MA vie alors calme tes nerfs et hors de ma vue tchiipppp.
__c'est uniquement parce que tu es désespérée que tu veux te soûler. Tu n'as même pas honte. Tu sais bien que tout le monde peut te voir ici et tu dois te donner une bonne image. En dehors de ça tu es une m*******e n'est-ce pas ? Ou tu n'as plus foi en Allah ? Dans le monde que nous sommes tu as déjà vu quelqu'un qui n'a pas souffert ? La vie est une longue perte de tout ce que l'on aime. Il n'y peut plus rien avoir entre ton frère et toi, bah résigne-toi. Tu trouveras bientôt un autre. Ta mère a besoin de toi, alors tu dois être forte pour elle.
___Wa chérif ioe yay wax nii ?( chérif c'est toi qui parles ainsi ?) Questionnai-je, stupéfaite.
__je ne te porte certes pas dans mon cœur mais je suis un m******n et quand mon prochain se trouve dans des moments sombres, je me dois le soutenir ou le remettre sur le droit chemin. Allez lève-toi rentre chez toi, ta place est loin d'être ici.
__En tout cas....merci beaucoup.
__On est ensemble.
J'ai redonné ma tasse au barman avant de sortir du bar en toute vitesse. J'avais tellement honte. Même pas dix minutes, j'arrivai chez moi où je me suis directement couchée....
****FIN DU FLASH BACK*****
Ma tête me faisait atrocement mal, je me suis alors préparée du café. J'étais en train de le boire quand on sonna à la porte et c'était Mominatou, Isabella et Lawratou. Cette dernière avait une toute petite valise en main... Lou xewati ?
__Bonjour, entrez.
Elles s'exécutèrent sans m'adresser la parole.
__Hum ta maison est bien vide hein ! S'exclama Mominatou.
__Oh c'est normal puisque sa mère est avec les fous en ce moment.
__Eh comment savez-vous que ma mère est à l'hôpital psychiatrique ? Demandai-je
__Euhh...juste comme ça.
Elles en sont pour quelque chose.
Mominatou foudroyait sa fille du regard. J'avais même lu de la peur dans son visage. Quant à la nouvelle mariée mom, elle avait gardé le silence.
__Bref que faîtes-vous chez moi ?
__Puisque tu es la sœur de Makhtar, nous avons décidé de t'amener nous-mêmes ta part de la téranga. Dit Momi avant d'ouvrir la valise qui contenait des tissus....
__J'en ai pas besoin, merci quand même.
__Hum comme tu veux.
Cette situation me désolait vraiment. Je me sentais vraiment mal. C'était comme si elles se moquaient de moi quoi....j'allais bientôt craquer.
Après avoir refermé leur valise, Momi et Lawratou de s'eclipsèrent mais Isabella resta dans le salon.
__Discutons. Me dit-elle.
__Je t'écoute.
__Je ne suis pas jalouse non, parce que tu es la sœur de mon mari. Mais je sais bien ce que vous ressentez l'un de l'autre. Alors je veux que tu t'éloignes de lui. N'essaie plus jamais de revenir chez nous et ne lui donne pas de rendez-vous okay ? Trouve-toi un autre et laisse-le tranquille sinon...
___Sinon quoi Isabella ?
___tu ne sais même pas de quoi dont je suis capable alors tu as intérêt à faire très très attention car je serais capable de te toucher là où ça fait le plus mal.
__Arrête ! Tu penses vraiment que tes menaces me touchent ? Détrompe-toi ma chère ! Makhtar est mon frère et j'ai le droit de trimballer avec lui quand je le souhaite. Que tu le veuilles ou non, je viendrai chez vous et je vais me voir avec lui quand je le souhaite. Tu entends ?
__Tu as intérêt à faire très attention. Dit-elle avant de sortir une arme de sa poche et de la poser sur mon front.
Je gardai le silence....
__je peux te tuer là et maintenant mais je ne peux pas. Sache que le jour où je serais à bout, tu es une femme morte. Dit-elle avant d'enlever son arme et de s'en aller.
Isabella était tellement douce, tellement gentille. Je la considérais comme ma sœur. Elle était même une très bonne conseillère pour moi. À chaque fois que j'avais un problème, je lui en parlais mais là, je ne comprenais plus rien. Elle avait beacoup changé. Tout ça pour un homme pff...
Bref, je devais aller rendre visite à ma mère, je suis restée presque quatre jours sans aller à l'hôpital. En plus elle me manquait un peu...
J'y suis alors allée, je me suis d'abord arrêtée dans le bureau de mon ami Moussa qui est le psychiatre. Après avoir un peu discuté, il me donna la permission d'aller voir ma mère dans sa chambre.
Quand j'y suis entrée, elle était couchée sur lit et fixait un point imaginaire. Elle avait beaucoup changé à l'espace de quelques jours. Ce n'était pas normal, ils devaient bien s'occuper d'elle. On dirait que son état s'était aggravé.
__Maman, comment tu te portes ?
__Pardon....vous...êtes...qui ?
J'ai éclaté en sanglots.
__Maman tu ne me reconnais pas ? Je suis Sokhna Maï, Sokhna Maï Rassoul Seck ta seule fille. Maman s'il te plaît ne me fais pas ça. Si j'essaie d'être forte, c'est uniquement pour toi.
__Je...n'ai..qu'une seule fille et elle s'appelle Mominatou.
Mominatou, toujours Mominatou, encore Mominatou...merde !
__Maman s'il te plaît dis-moi ce que Mominatou a bien pu te faire ?
Avant qu'elle ne réplique, Moussa entra dans la chambre et elle tiqua. Et commença à pleurer de chaudes larmes.
Bizarre hein...
__Moussa, je te fais entièrement confiance et j'espère que tu ne me trahiras pas. J'ose uniquement espérer que tu t'occupes de ma mère comme il se doit.
__Oui...oui.
__S'il vous plaît dites-lui de ne pas me frapper. Dit ma mère, tout en pleurant de plus belle...
__d'accord maman, Moussa sors de la chambre s'il te plaît.
Il s'exécuta et ma mère émit un pff de soulagement.
__Maman, ils te maltraitent ici ?
__celui qui vient de sortir me frappe tous les jours. Les autres folles ont le droit de sortir pour prendre de l'air mais ce n'est pas le cas pour moi. S'il te plaît ne me laisse pas ici...je souffre vraiment..
__Maman, Mominatou....
Je n'ai pas pû terminer ma phrase qu'elle se leva et commença à courir pour sortir de la chambre, tout en criant le nom de Mominatou.
J'ai beau essayé de la retenir mais elle était beaucoup plus forte que moi. Ma mère avait tout le temps mal aux pieds mais aujourd'hui, elle courait comme une gamine....mon Dieu !
Les personnels de l'hôpital ont essayé de la retenir mais c'était comme si ce n'était pas elle. Elle finit par sortir de l'hôpital tout en courant pour aller je ne sais où mais mon sang n'a fait qu'un tour quand je l'ai vu se faire renverser par un camion.
J'ai senti mon cœur se lâcher, je suis restée immobile pendant quelques minutes avant de perdre connaissance.....
(...)
Je me suis réveillée dans un lit d'hôpital. Je me sentais mal, profondément mal, atrocement mal.
__MON DIEU DÎTES-MOI CE QUE J'AI BIEN PÛ FAIRE POUR MÉRITER UNE TELLE SOUFFRANCE ? POURQUOI ? POURQUOI MOI ?
Ce sont mes cris qui ont alerté les médecins. Je ne voulais plus continuer de vivre. Toutes mes pensées convergeaient vers ma mère. Je me demandais bien comment se portait-elle en ce moment, en tout cas, le camion ne l'avait pas du tout ratée.
__Mademoiselle ça va ? Me questionna le docteur.
__où est ma mère, dîtes moi qu'elle se porte bien s'il vous plaît. Elle s'est faite renverser par un camion.
_Mademoiselle, sachez que quoi puisse qui arriver, c'est la volonté divine et que la vie est ainsi faite. On peut tout perdre à tout moment sans le vouloir. Nous avons vraiment fait tout ce que nous pouvions mais votre mère n'a...
__NE CONTINUEZ PAS.....WOUY SAMA NDEYE ! AY WAY SAMA YAYE DEMNA BAYI MEU.......OH MON DIEU POURQUOI VOUS ME FAÎTES ÇA ?....SNIFF....
__Soyez forte Mademoiselle, me dit-il avant de sortir de la chambre, me laissant seule.
Je me laissai aller au sol. Je pleurais de chaudes larmes. Je venais de perdre ma raison de vivre, je venais de perdre ma moitié, mon autre moi, la seule et unique femme de ma vie, celle qui s'est donnée corps et âme pour assurer mon bien être, la femme qui m'a vu danser, chanter, pleurer, jouer, tomber... Celle qui a été la première à me féliciter quand j'ai eu mon bac.
Non je ne peux pas accepter de perdre ma mère non...
J'étais là, couchée sur le sol à pleurer de chaudes larmes. Je n'avais personne, personne qui pouvait me soutenir ou me réconforter. Mon père qui était censé être avec moi dans ces instants, était sûrement en train de passer du bon temps avec sa famille.
Combien d'heures je suis restée sur place à pleurer ? Je ne sais même pas...
Mais quand je me suis calmée, j'avais des maux de tête atroces. C'était juste insupportable.
Je sortis de l'hôpital, en trébuchant. J'entrai dans ma voiture avant de démarrer. Je ne sais pas comment j'ai fait mais je suis arrivée chez mon père, il fallait que je parle avec lui concernant le décès de ma mère..
Je toquai à la porte et mon frère Tapha m'ouvrit.
_hey que se passe-t-il Maï ? Pourquoi tu es dans cet état ? Il s'est passé quelque chose ? Me demanda-t-il, l'air inquiet.
__Il ne se passe rien Tapha, où est mon père ? Demandai-je, la voix cassée.
___Il se passe quelques choses kay, mon père est à l'intérieur...allez entre.
Il s'écarta de la porte et me laissa passer. Arrivé dans le salon, je pris place en attendant qu'il aille appeler mon père mais Isabella m'y trouva.
__Ioe Maï Wakhoumala boufi nieuwati ?
( Maï je t'avais dit de ne plus venir ici n'est-ce pas ?)
Je décidai de ne pas lui répondre, je voulais juste voir mon père. Ce dernier arriva après quelques minutes accompagné de Mominatou et des autres, y compris Makhtar. Il ne manquait plus que ça...
__Maï que fais-tu ici ?
__Papa je dois te parler. Dis-leurs de nous laisser seuls s'il te plaît...
__Mani fii lagnouy tokkk bamou saff.
( nous resterons ici que tu le veuilles ou non) me cria Momi.
Je n'avais pas besoin de cris en ce moment...
__Papa, Ma mère a rendu l'âme aujourd'hui, elle s'est faite renverser par un camion. J'aurais besoin de ton aide pour la cérémonie funéraire et tout...
__Ay way Alhamdoullilah ! Cria Mominatou.
À l'entente de ses dires, c'était comme si on m'arrachait le cœur.
__Ah donc la folle est morte ? Que Dieu l'accueille au pardis. Mais je ne compte pas t'aider désolé. Je te rappelle qu'elle n'était plus ma femme. Me dit mon père cruellement
__Papa, même si elle ne l'est plus, tu sais très bien qu'elle est la mère de ta fille et vous avez été ensemble pendant des années donc c'est le minimum des choses que tu puisses faire pour elle. Je suis une femme et je ne peux pas m'occuper de tout. Sa famille l'a reniée à cause de toi papa, elle n'avait que toi et moi dans ce monde.
__Désolé mais je ne peux pas. Me redit-il
__Parfait...dis-je avant de me lever, le cœur meurtri.
__Ne t'inquiète pas Maï, je m'occuperai de tout Insha'Allah... Dit Makhtar.
__Oui on viendra. Dit mon Frère Tapha.
__Vous n'irez nulle part la wax !
__Maman a raison. Fit Isabelle.
Personne ne les répondit. Tapha m'accompagna jusqu'à la porte avant de me conseiller d'être forte.
Je rentrai à la maison, le cœur lourd. Je n'arrivais toujours pas à croire que mon père avait refusé de m'aider. Avec tout ce que ma mère a fait pour lui. Nitt mo leundeum...