Gaston tressaillit. – Ange que vous êtes ! dit-il. – Oh ! mon Dieu ! continua Hélène, comprenez-vous un supplice pareil ? Sentir que l’homme qu’on aime court un danger d’autant plus terrible qu’il est inconnu, sentir qu’on ne peut rien pour lui, rien au monde que verser des larmes inutiles, et cela quand on donnerait sa vie pour racheter la sienne ! Le visage de Gaston s’illumina d’un rayon de bonheur : c’était la première fois qu’il entendait de si douces paroles sortir de la bouche de sa bien-aimée, et, sous l’impression d’une pensée qu’il paraissait mûrir depuis quelques instants : – Si fait, mon Hélène, dit-il en lui prenant les mains ; si fait, tu te trompes, car tu peux beaucoup pour moi. – Et que puis-je donc ? mon Dieu ! – Tu peux consentir à devenir ma femme, dit Gaston en r


