Chaque semaine papa me violait au moins deux fois, maman le savait mais ne disais rien. Ce fût encore elle qui me fit avorter les deux fois que son mari m’engrossa, je lui disais que c’était lui mais elle ne voulait rien savoir. Dieu seul sait comment j’ai pu survécu la seconde fois tellement la douleur était forte et le sang coulait à flot. Après ça je me disais que j’allais au moins me reposer pendant quelques temps mais à peine une semaine qu’on me renvoya déjà à la cuisine là où était d’ailleurs ma place me dit-elle ; et le même soir papa revint encore à la chasse. Avec eux j’ai tout supporté, tout et tout car à chaque fois que je me plaignais on me montrait la porte de sortie. Me voilà deux ans après ma venue dans cette ville avec une grossesse de quatre mois au milieu de nulle part. Oui il m’enceinta encore une fois de plus et pour que je salis pas son nom même si je ne pouvais rien dire il me demanda de m’en aller, ce que je fis avec d’ailleurs grand envie. Quand j’étais enfant j’avais pitié de tous ces enfants que je voyais dans la rue sans appuis ni soutien, je me disais que c’était cruelle de la part de leurs parents de les abandonner à leur sort. Me voilà aujourd’hui dans la même situation qu’eux ; peut-être que je n’étais pas abandonner mais j’aurais préféré l’être que de subir tout ce que j’ai subi. Ça fait trois heures que je tourne en rond dans la ville ; les étoiles disparaissaient une à une pour laisser place à un ciel assombrit qui annonçait sans doute la venue d’une pluie diluvienne. Je vis un hangar de loin et je m’y rendis me disant que ça pourrait au moins m’abriter pour le temps que la pluie cesse mais un Viel homme et deux jeunes adolescents me défendit de m’approcher de leur territoire; > m'ont ils dit. Pathétique n'est-ce pas. Je vis un marché à quelques mètres de là, je fis mon entrée et y trouvai une petite place sous une grande table entreposée sur une terrasse. L’obscurité pressante me fit peur mais la pluie qui s’abattait déjà sur la ville ne me donna plus le choix. J’étalai l’un de mes pagnes sur le sol et me coucha dessus tout en prenant la peine de me couvrit avec un autre. Quelques minutes plus tard je fus emportée dans les bras de Morphée. Je croyais avoir enfin retrouver la tranquillité que je recherchais mais vers une tardive heure de la nuit je senti le pagne quitté mon corps. Naïve que j’étais j’essayais de l’ajuster mais ça tirais toujours vers le bas. Prise de panique je me redressai et tomba nez à nez sur trois hommes que je pu voir grâce à l’éclaire laisser par la pluie. Un était à genoux à mes pied mon pagne en main, un autre avait un couteau entre les dents les mains croisées sur la poitrine et le troisième déboutonnait son pantalon.Je compris vite ce qu’ils me voulaient et avec les larmes j’essayais de les en dissuader mais il semblerait que mes larmes les excitaient plus. Je fus sauvagement violée par ces inconnus qui ignoraient tout de mon état ou du moins c’était ce que je croyais. Malgré mes supplications je fus prise dans toutes les positions possibles. A un moment je ne sentais plus la douleur, je voulais au plus profond de moi ne plus rien ressentir, je ne voulais plus revenir dans ce corps souillé par la méchanceté humaine ; et comme si mon être exauçait ma prière ma vision parut flou, mes paupières se ferma et avant de sombrer dans le néant je fus une autre prière celle de ne plus jamais me réveiller. Mon être lointain perçut ces derniers mots cruels :
J’espère qu’elle perdra cette foutu grossesse car c’est le but de tous ceci
Le boss sera fier de nous
Puis plus rien, c’est la fin que je voulais mais étais ce ma vraie fin ?
Je me réveillai dans une chambre un peu bizarre à décrire. J’étais couchée sur un lit en bambou, le plafond était fait à base de feuille de paille. A ma gauche se trouvait une jarre couverte avec une calebasse dessus, à ma droite je vis une sorte de fétiche sculpté avec de l’argile entourée de quelques cornes d’animaux. J’essayais de me relever mais on dirait que tout mon corps était absent.
- Essaie de ne pas bouger sinon tu te feras mal dit une voix féminine
Je dirigeai mon regard vers l’endroit d’où venait cette voix et je vis un cinquantenaire arrêtée devant l’entrée de la chambre une calebasse en main. Je cherchais dans mon esprit quelque chose que me liait à elle mais je ne vis rien. Elle s’approcha et s’assit sur une sorte de tabouret et émit un petit soupir de rien du tout ; je la regardais comme une extraterrestre ou du moins je regardais sa bouche qui bougeait comme si elle voulait me dire quelque chose.
- Bonjour ma fille finit elle pas dire au bout de quelques secondes de silence
Je la regardais toujours sans répondre pour qu’elle puisse lire dans mon regard que j’attendais plus d’elle qu’un simple bonjour
- Tu te demandes surement ce que tu fais là et qui je suis n’est-ce pas ? reprit-elle avec un petit sourire au coin des lèvres
- Te souviens-tu de quelque chose ?
- Non dis je d’une petite voix à peine audible
- On t’a retrouvé au marché sous une table dans un mare de sang
Boum ! comme si j’étais devant un projecteur les souvenir me reviennent tous d’un coup. Je me souvins de mon départ de la maison, de la pluie qui s’abattait sur la ville cette nuit là et enfin je me vis au milieu de trois inconnus. J’eux aussitôt la gorge nouée et quelques larmes perla sur mes joues ; par reflexe je jetai un coup d’œil à mon ventre et le vit moins arrondis qu’avant cette nuit. Je compris vite fait que je l’ai perdu oui j’ai perdu mon bébé, j’eux un pincement au cœur mais à quoi bon de le porter si je ne pouvais le rendre heureux, j’espère qu’il est mieux là où il est.
- Je suis là depuis combien de temps ? dis-je pour cacher ma tristesse
- Deux mois répondit elle
Je me relevai d’un coup malgré la douleur insupportable que je ressentais au niveau de mon bas ventre.
- Tu es encore faible essai de faire le moins de mouvement possible
- Je suis là depuis deux mois vous dites ?
-Oui elle t’a trouvé ce jour là couchée et inconsciente au milieu d'une foule qui n’essayait même pas de t’aider
- Elle c’est qui ? demandai-je étonnée
- Elle c’est ton sauveur, la femme qui t’a amené chez moi
- Si je comprends bien vous êtes une guérisseuse
- Oui ma fille c’est un don du ciel
- Et je pourrai la voir quand ?
- Elle sera là dans trois jours. Comment t’appelles-tu ?
Oups ! j’ai oublié de me présenter. J’étais tellement absorbée par mes problèmes que j’en ai oublié les bonnes manières
- Je m’appelle Aurore MEHOUE et j’ai quinze ans
- Aurore jolie prénom
,- Merci
- Je t’en prie, maintenant essaie de prendre une gorgée de cette tisane et après je te dirai quoi faire.
Donc les tisanes sont comme cela hein ; à ma première gorgée j’ai recraché le tout. La dame me regarda en souriant et rapprocha la calebasse de ma bouche et avec une mine pas possible je pu en avaler quelques gorgées.
- Bien maintenant allonge toi
- Ok
Elle sorti et me laissa seule. J’essayais de ne pas paniquer mais au fond de moi j’avais peur ; peur de me retrouver une fois encore dans la rue. Je priai tous les dieux pour que ladite dame m’amena avec elle. Deux heures plus tard j’eux droit à un gobelet de bouillir que j’eux la peine de finir à cause de son goût fade. Chez mes parents, je mangeais rarement à ma faim cause des insultes qui fusaient partout chaque fois que je me pointais une assiette à la main et étant aussi une personne un peu fière je pouvais faire jusqu’à trois jours sans rien me mettre sous la dent. Mais quand je le faisais je ne mangeais pas du n’importe quoi ; bon comme toujours je fais avec ce que j’ai sous la main. Le soir comme déjeuner j’eux droit à la pâte accompagnée de la sauce gombo, c’était vraiment succulent. Je vous passe les deux jours qui ont suivit mon réveille. Le troisième jour comme prévu j’étais couchée à la même place quand je vis une dame d’à peu près la quarantaine faire son entrée. Pour ne pas exagérer je dirai qu’elle est belle et très belle, d’un teint brun et d’une taille de mannequin.