Partie II

3785 Mots
Je sors de la voiture et inspire l'air légèrement frais de la nuit. Je suis aux pieds de la fameuse tour, mais cette fois-ci, on ne m'y tire pas par le bras. J'entre dans l'imposant bâtiment et contrairement à la veille, je prends le temps de regarder autour de moi. Des grandes fenêtres qui vont jusqu'au plafond offrent une vue sur les étoiles qui surplombent la ville plongée dans la nuit. Le sol immaculé brille et reflète la lumière des lustres aux formes géométriques. De grands tableaux modernes, comme toute la décoration du bâtiment, ornent les murs et me font, l'espace d'un instant, oublier toute mon angoisse et la raison de ma venue contrainte. Mais le son des portes de l'ascenseur qui s'ouvrent me ramène à la saisissante réalité. Une fois à l'intérieur de ce dernier, le temps semble ralentir jusqu'à s'arrêter. Pourtant, les boutons qui s'allument progressivement témoignent du contraire et à chaque étage de franchi, mon cœur s'accélère pendant que je me demande si nous avons atteint le bon ou s'il me reste encore du temps. Finalement, après quelques instants de supplice, l'ascenseur s'arrête, les portes s'ouvrent de nouveau et les deux hommes qui m'accompagnent en sortent. Je fais alors un pas dans le couloir mais mes jambes ne semblent plus pouvoir supporter mon poids. Je me stoppe net et m'appuie contre le mur. - Tout va bien ? J'hoche la tête et continue comme si de rien n'était. Je ne dois surtout pas montrer que je suis terrifié.. Nous arrivons devant une double porte gardée par un homme supplémentaire. - C'est le bureau de Monsieur Iwasagi. Sans que je n'y m'attende, l'homme qui attendait devant la pièce s'approche de moi, se baisse légèrement et commence à me fouiller. Mais aussitôt, la poignée argentée de la porte se baisse et un homme apparaît. - C'est bon, ce n'est pas nécessaire. Je relève la tête vers ce dernier. Il est jeune, il a doit avoir mon âge ou un peu plus, pourtant il est plus grand que moi. Ses cheveux de jais sont légèrement coiffés en arrière mais une mèche tombe sur son front et vient contraster avec sa peau pâle. Ses yeux clairs et glaçants ne me quittent pas et provoquent une sensation étrange en moi, un peu comme si une boule chaude grossissait et m’emplissait progressivement. Je n’avais jamais expérimenté ça mais c’est sûrement due à une accumulation d’appréhension à cause de cette situation. Ça doit être le garde du corps rapproché. Quoique.. son costume est plus élégant et coloré que ceux des autres hommes... c'est peut-être son bras droit, il y en a souvent un dans les films. J'avance vers lui tout en laissant mon regard le détailler et je ne peux m'empêcher de me faire la remarque que, si je l'avais croisé à la fac ou dans la rue, j'aurais certainement pris mon courage à deux mains pour aller lui parler. Il me fait signe d'entrer en premier et je m'exécute sans dire un mot. J'entre dans une pièce spacieuse qui ne dénote pas avec le reste du bâtiment. En son centre, se trouve un grand bureau mais le fauteuil derrière ce dernier est vide. Au même instant, la porte se referme dans un petit claquement et je me retourne vers l'homme qui me tend à présent sa main. - Enchanté je suis Feng Iwasagi, et tu dois être Zachary Keen, non ? Iwasagi.. c'est donc lui le fameux patron.. - Oui c'est ça Monsieur. En contrôlant mes tremblements, je saisis sa main et il serre la mienne. Un silence s'installe dans la pièce mais il n'est ni embarrassant ni stressant. En fait, chacun est en train d'observer l'autre, de le jauger au travers d'un regard. Et pour être honnête, je me sens stupide de l'avoir imaginé avec vingt ans de plus, quelques dents en or ou en argent, des cicatrices sur le visage et un cigare dans la bouche. Il rompt le contact visuel pour se servir un verre de liqueur et il s'appuie contre le bureau. - Je t'en sers un ? - Non merci. - Comme tu veux.. Ah, et aussi, donne moi ton arme. La panique surgit d'un seul coup en moi et je déglutis difficilement. - M-mon arme ? Il repose son verre, se redresse et s'avance vers moi, qui n'ose plus bouger. Son visage est si proche du mien que je peux sentir son souffle mentholé contre mes lèvres et les effluves de son parfum enivrant. Les pensées se bousculent dans ma tête, je ne sais plus quoi dire ou quoi faire et les battements de mon cœur s'accélèrent devant cette proximité. Sans me quitter des yeux, sa main se plonge dans ma poche où se trouve un couteau suisse, qu'au dernier moment, j'ai décidé de prendre. Je reste figé face à lui, mes yeux cherchant des réponses à mes interrogations dans les siens, à l'affût de la moindre de ses réactions. Il attrape puis ressors de ma poche l'arme, un léger sourire satisfait aux lèvres et il s'éloigne de moi. - Je te l'emprunte. Il a dit ça d'un ton si calme et dénué de toute colère que ça me désempare. - Vous ne me demandez pas pourquoi je l'avais ?! - Pour quelles raisons le ferai-je ? Tu veux me tuer ? - Non ce- - Et bien voilà, la question est réglée. Tu as déjà dîné ? - Non pas encore.. J'étais si stressé que même si j'avais eu de l'appétit, je n'aurais rien pu avaler. - Parfait, moi non plus. Allons discuter ensemble autour d'un repas, j'aimerais te parler de quelque chose. Hébété, je le suis silencieusement. Il nous a seulement fallut monter à l'étage supérieur pour se retrouver dans un restaurant. Iwasagi s'installe à une table devant une grande fenêtre, m'invite à m'asseoir en face de lui et fait signe à ses hommes de s'éloigner. À peine assis, un serveur arrive vers nous pour prendre notre commande. - Je vais prendre comme d'habitude. Et là, le stress s'empare de nouveau de moi. Je n'ai pas la moindre idée de ce que je veux mais il a déjà commandé et le serveur attend. - Euh.. la même chose s'il vous plaît. - Très bien. Le serveur repart et je tourne la tête vers Iwasagi qui semble légèrement amusé de la situation. - Je vois que tu as confiance en mes goûts. Je réponds par un sourire un peu timide et je suis certain de l'avoir vu en esquisser un également. - Premièrement, je tenais à te remercier sincèrement pour avoir sauvé mon petit frère hier Zachary. - J'ai fait de mon mieux. Comment va-t-il ? - Il va bien, il souhaitait te remercier en personne mais actuellement, il dort. - C'est pas nécessaire.. - Il a l'air d'y tenir mais bon.. Si j'ai bien compris tu n'es qu'en quatrième année de médecine. - Oui c'est ça. - Tu t'en es bien tiré, surtout que je peux imaginer à quel point la situation devait être effrayante pour toi. - Je dois bien avouer que j'étais dans un état second.. - J'espère que tu ne l'es pas ce soir. - Vous l'affirmer serait mentir. Une lueur de malice brille soudainement dans son regard intense qui ne quitte pas le mien, un léger sourire en coin apparaît sur son visage et il se redresse sur sa chaise. Je ne sais pas si c'est intentionnel mais ça lui donne un air charmeur que je ne peux m'empêcher de remarquer. - Serait-ce à cause de moi ? - .. oui, il est vrai que vous m'impressionnez et m'intimidez. - Donc, tu dis que je fais peur c'est ça ? - Non, c'est pas du tout ça, au contraire je vous trouv- Je m'arrête précipitamment au milieu de ma phrase, me rendant compte de ce que j'allais dire et détourne le regard pour cacher mes joues qui commencent à chauffer. Iwasagi se penche au dessus de la table et attrape mon menton, me faisant de nouveau rencontrer ses iris ensorcelantes. - Je t'en prie, finis ta phrase. - C'est juste que.. je ne vous trouve pas effrayant physiquement.. j'avais peur que vous me fassiez tuer, c'est tout. Il me lâche afin de se rasseoir et d'hausser les épaules. - « pas effrayant », c'est déjà ça.. Et ne t'inquiète pas, je ne compte pas te faire tuer. En fait, je voulais te demander de travailler pour moi. - Travailler pour vous ?! - Oui, en tant que médecin bien sûr, tu as fait tes preuves hier. - Mais vous n'avez pas de médecins plus expérimentés que moi ? - Les personnes dignes de confiance sont difficiles à trouver. - Vous ne me connaissez pas pourtant.. - C'est vrai mais je prends ce risque. Iwasagi me refait son sourire et nous nous regardons quelques instants sans dire un mot. Puis il tourne la tête vers le serveur qui marche vers nous, deux plats dans les mains. Il dépose ces derniers devant nous avant de repartir rapidement. - Ce sont des ramens, tu en as déjà mangé ? - Pas vraiment, c'était des nouilles instantanées. - Oh je vois.. mais celles-ci sont bien meilleures tu verras. Ma bouche se tord légèrement lorsque je me rends compte que pour seuls couverts, j'ai des baguettes. Or, je n'en ai jamais utilisé de ma vie, je ne sais même pas comment il faut les tenir. J'observe discrètement Iwasagi qui mange pour essayer de l'imiter mais mes yeux restent bloqués sur ses lèvres et je ne peux m'empêcher de les imaginer contre les miennes. Me revient en tête l'image de lui si proche de moi il y a quelques instants à peine. Mais je suis tiré de mes pensées par Iwasagi qui se lève et fait un pas vers moi. - Roh, c'est pas possible... Il arrive dans mon dos et, alors que j'étais sur le pont de me retourner, sa main se pose sur la mienne et mes doigts se resserrent automatiquement sur les baguettes que je tenais hasardeusement. - Attends, laisse toi faire. Il replace correctement mes doigts mais pendant ce temps, je ne peux que constater à quel point ses mains sont douces et chaudes. Mais qu'est-ce qu'il me prend ?! Iwasagi revient s'asseoir en face de moi avec un air amusé sur le visage. - Voilà qui est mieux. Tu n'as jamais tenu de baguettes de ta vie ? - Non, c'est la première fois.. - On dirait bien qu'il va falloir que je t'invite plus souvent au restaurant pour rectifier ça. Alors moi j'essaye de me sortir de la tête toutes pensées romantiques ou érotiques et lui me sort ça ?! - Si c'est vous qui m'invitez... Il laisse s'échapper un doux rire. - Ah en parlant de ça, si tu accèdes à ma requête, tu seras bien évidemment payé. Sa requête.. Devrais-je accepter ? En même temps ai-je vraiment le choix ? Il a dit qu'il ne comptait pas me tuer mais que se passera-t-il si je refuse ? Et puis il y’a l'argent.. déjà que c'était assez problématique pour moi, c'est devenu vraiment compliqué depuis l'accident de ma mère. Les frais d'hôpital sont élevés et elle n'est plus en capacité de travailler. J'ai pris un petit boulot à côté mais mes études sont prenantes et je suis bien conscient que, à long terme, je vais devoir choisir entre le travail ou les études. Alors, je me dis que ça serait peut-être la solution.. - Mais Monsieur, j'ai mes études et je ne peux pas me permettre de les négliger. - Non, bien entendu, ce travail ne sera pas très prenant. Je ne te solliciterai pas tous les jours, tu ne devrais louper seulement que quelques heures de temps en temps. - D'accord mais... Je marque une pause et je réfléchis à la formulation de ma crainte pour ne pas prendre le risque de le froisser. - Ne t'inquiète pas, tu peux me dire ce que tu veux. - Je ne veux pas de problème avec la justice et vos activités n'ont pas l'air très.. - Légales ? - Oui. - En effet, elles ne le sont pas mais tu n'as pas de soucis à te faire pour ça. Je suis très prudent et les autorités ne pourront pas remonter jusqu'à toi. Et quand bien même ça serait le cas, tu n'auras qu'à dire que c'est moi qui t'es forcé et menacé. Alors, qu'en dis-tu ? Et je pense que c'est ce ton confiant et cet air calme qui m'a convaincu dans ma décision. - ... j'accepte votre offre. Un grand sourire se dessine sur ses lèvres et son visage s'illumine. - Parfait ! On s'occupera des détails et du contrat après le repas. D'ailleurs, comment le trouves-tu ? - C'est vraiment très bon. - Content que ça te plaise. Ah et aussi, comme tu as pu le voir hier, nous avons déjà des équipements médicaux mais si tu as besoin d'autres choses, fais-le moi savoir. - D'accord, je n'y manquerai pas. Je baisse la tête pour dissimuler un sourire discret. Il est bien différent de ce que j'avais imaginé et je me surprend moi-même à apprécier sa compagnie. Je suis venu ici avec la certitude de mourir mais, à présent, je me sens étrangement à l'aise avec lui. - Je peux vous poser une question ? - Si je peux t'en poser une après, oui. Une pointe de malice se met à briller au fond de ses yeux et il passe sa main dans ses cheveux, les décoiffant légèrement. - Pourquoi vous êtes si gentil avec moi ? Vos hommes vous respectent et ont même l'air de vous craindre et donc je m'attendais à rencontrer une sorte de tyran, mais ce n'est pas le cas. J'ai aussi lu des articles qui parlaient de vengeance sanglante et de crimes affreux.. Iwasagi marque un silence, faisant monter le stress en moi. En aurais-je trop dit ? - Zachary, je ne suis pas gentil avec toi, je suis seulement moi-même. Mais vois-tu, quand on est à la tête d'une mafia, on est obligé d'endosser un certain rôle qui, personnellement, ne me déplaît pas tant. Ne t'imagine pas pour autant que j'aime tuer tout ce qui bouge sans raison. Mmh..ai-je répondu à ta question ? Pour toute réponse j'hoche la tête, un sourire imperceptible aux lèvres. - Bien, mais pour être honnête, je ne m'attendais pas à ce genre de question.. Bon, c'est mon tour; tu es gay ? Sa question me prend de court. Je fronce légèrement les sourcils mais son regard, planté dans le mien, est très sérieux. - ..oui, mais pourquoi ? - Je voulais juste m'assurer d'un truc. Tu veux commander autre chose ? - Non merci, ça va. - Bien, alors je te propose de retourner dans mon bureau. Une fois dans ce dernier, Iwasagi m'invite à m'asseoir sur l'un des deux fauteuils qui lui font face. Puis il ouvre un tiroir et en ressort un papier qu'il pose devant moi. - C'est un contrat. Lis-le et s'il te convient, signe. - Un contrat ? - Oui, mais en réalité, il est plutôt symbolique. Heureusement, le document n'est pas très long et je lis rapidement afin de ne pas faire trop patienter Iwasagi qui, comme je peux le sentir, a le regard fixé sur moi. J'attrape un stylo posé sur le bureau et fais ma plus belle signature à côté de la sienne. - C'est bon. - Parfait ! - ... euh.. je pense que je devrais y aller, j'ai cours demain. Il ne me répond pas et je ne saurais décrypter son regard. D'un pas hésitant, je me lève et me dirige vers la porte. J'entreprends alors de l'ouvrir mais la main d'Iwasagi, que je n'avais pas entendu arriver, se pose sur la porte, à côté de ma tête, et la maintient fermée. Malgré le fait que je pouvais presque sentir son torse contre mon dos, je me retourne, me collant contre le montant de la porte, et je relève légèrement la tête pour pouvoir le regarder. - Monsieur ? - Zachary.. tu comptais vraiment partir comme ça ? Cette proximité et son regard ardent qui descend lentement sur mes lèvres font accélérer ma respiration et me provoquent, dans le bas de mon ventre, une boule de chaleur qui semble ne jamais avoir été aussi intense. Il se rapproche encore mais c'est moi qui vient déposer mes lèvres sur les siennes afin de mettre un terme au supplice qu'était d'attendre. Il me répond un peu plus sauvagement et notre échange s'intensifie davantage lorsque son bras passe autour de ma taille et que sa langue se glisse contre la mienne. Mes pensées semblent s'être volatilisées et je me laisse guider par l'instant présent. J'entoure sa nuque de mes bras et son corps s'appuie contre moi. Son genou se lève et se presse contre mon entrejambe qui avait gonflée. Il écarte légèrement son visage, mettant fin à notre b****r. Ses yeux se consument et il affiche un sourire mêlant satisfaction et désir. Sa main passe sous ma chemise et glisse le long de ma peau, faisant naître en moi un frisson sur son passage. Puis il défait le bouton de mon pantalon et le descend sur le haut de mes cuisses. D'une main, il attrape mes poignets et les maintient au dessus de ma tête. De l'autre, il caresse mon sexe à travers le tissu de mon sous-vêtement. Finalement, il retire ce dernier et ses doigts fins rentrent en contact avec ma peau qui brûle d'envie, m'arrachant un soupir d'assouvissement. Il esquisse un léger sourire avant de m'embrasser, ses lèvres suivant le rythme de ses mouvements. Puis il s'éloigne un peu et nos fronts se collent. Nos souffles viennent se mélanger tandis que le mien s'accélère de manière irrégulière, lui signifiant que ma limite était proche. Soudainement, de l'agitation se fait entendre dans le couloir, des bruits de pas semblent s'approcher. Mais Iwasagi ne s'arrête pas. Il lâche mes poignets et vient plaquer sa main contre ma bouche, étouffant ainsi les râles de plaisirs que je ne peux contenir. Je finis rapidement par atteindre l'o*****e, ma tête part violemment en arrière et vient percuter la porte. - Tout va bien Monsieur Iwasagi ? - Oui, ce n'est rien. - Monsieur Sullivan est à l'entrée du bâtiment. Il dit vouloir vous parler, ça a l'air important. - Faites-le monter alors. Iwasagi échappe un soupire et se retourne vers son bureau. Il attrape des mouchoirs et me les tend. - Désolé, ce n'était pas prévu mais je ne peux pas refuser. Je fais un signe de la tête tout en nettoyant rapidement mes vêtements. Et c'est comme si je venais seulement de prendre conscience de ce qu'il s'était passé. Je n'ose pas lever la tête et rencontrer de nouveau son regard, pas après ce qu'il avait vu. Pourtant ce n'est pas la première que je fais ça mais c'est lui.. Je ne saurai l'expliquer mais il a quelque chose de spécial et en plus, il vient de devenir mon patron. Malgré mes pensées encore embrumées, je ne peux m'empêcher de constater à quel point c'était bon. Quelqu'un vient frapper à la porte, mettant fin à ce silence insoutenable. Iwasagi va ouvrir et je me dirige vers la sortie, la tête toujours baissée. Je passe précipitamment le pas de la porte mais il attrape mon bras et se penche légèrement sur moi, en échappant un murmure . - Tu as fait le bon choix, pour le contrat. Je tourne la tête vers lui. Ses yeux sont redevenus aussi glaçants qu'à mon arrivée mais je peux y percevoir une pointe..de tendresse ? Il se redresse et lâche mon bras. - Tom va te raccompagner. Le concerné s'avance vers moi. Je remarque, avec une sorte de soulagement, qu'il s'agit de l'homme qui m'avait paru être le plus sympathique de tous. Quelques pas plus loin, je croise un homme dans la trentaine. Il porte lui aussi un costume qui a l'air coûteux et il me dévisage curieusement. À peine monté dans la voiture, Tom se tourne vers moi, le visage détendu. - Alors ? - Monsieur Iwasagi m'a recruté en tant que médecin. - J'suis content, t'as l'air d'être un bon gars. J'espère que tu es plus rassuré maintenant. - Oui ça va mieux. Je ne l'imaginais pas du tout comme ça. - Le patron ? C'est vrai qu'il est jeune pour avoir une place aussi importante mais en même temps, il a commencé tôt. - Ah bon ? - Ouais, je crois qu'il a baigné dans cet univers et d'après ce que l'on dit, il était excellent sur le terrain. - Était ? - Bah maintenant c'est rare quand il y va. C'est normal aussi, il a un poste important. - Et toi ça fait longtemps que tu travailles ici ? - Ça doit faire quatre ans maintenant. Mmh.. c'est bien cet immeuble ? - Oui c'est ça, merci. Je descend de la voiture et Tom me fait un signe de la tête avant de repartir. Je monte jusqu'à mon appartement, et une fois à l'intérieur, je me laisse lourdement tombé sur lit. Et, sûrement dû au stress qui redescend, mes yeux se ferment aussitôt. Mais rapidement, je sens une présence juste à côté de moi et ils s'ouvrent de nouveau. Iwasagi pose son genou sur le lit et se penche au dessus de moi. Sa chemise est déboutonnée ce qui dévoile son torse immaculé et musclé. Je cligne longuement des yeux mais il est toujours là. Il ne dit pas un mot, il murmure seulement mon nom si doucement que sa voix vient m'effleurer. Il m'embrasse pendant que ses mains attrapent vivement mes poignets. Puis ses lèvres quittent les miennes pour descendre dans mon cou. J'échappe un léger gémissement de surprise au contact de sa langue contre ma peau. Il s'appuie davantage sur moi et son entrejambe vient frotter contre la mienne. Il relève la tête et me regarde avec cette expression. - Iwasagi..je t'a- Brusquement, j'ouvre les yeux et me redresse. Je balaye du regard la pièce et constate que je suis seul, il n'est pas là. Puis mon regard descend sur mon sexe en érection et je soupire en me laissant de nouveau tomber sur le lit. Qu'est-ce qu'il m'a pris ?! J'allais lui dire «je t'aime» ?! ... Ça ne veut rien dire de toute façon, c'était juste un rêve.. En plus, je sais très bien que toute relation avec lui serait une mauvaise idée. Alors pourquoi mon rêve était-il si agréable ? Et pourquoi mon corps est-il autant en contradiction avec mon esprit ?
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