– Nous partîmes pour la fête, dit-elle. Oh ! quelle belle et douce journée ! vous savez, mon frère ? une de ces journées d’automne de notre Midi, presque aussi belles que les beaux jours du printemps. Ce n’est pas la nature active et pétulante de la première saison, qui rompt ses enveloppes et éclate en jets verdissants ; c’est la nature alanguie et fatiguée, qui semble se dépouiller pour s’endormir. Ce ne sont pas les bouffées subites des vents tièdes de mai, emportant les émanations fortes et embaumées des lilas et des chèvrefeuilles ; c’est l’air tiède et doux de septembre, tout imprégné du parfum éthéré qui s’échappe des trèfles séchés, des chaumes jaunis, des fruits mûrs, des feuilles qui commencent à joncher la terre. Ce n’est pas en soi le sang qui bout, la poitrine qui se gonfle :


