Grégory franchit le seuil du manoir Moore avec une lenteur mesurée, essayant d’effacer les traces de la soirée qu’il venait de passer. Mais dès qu’il pénétra dans la grande salle à manger, il comprit qu’il ne pouvait échapper à l’inévitable. Le dîner était terminé. La longue table de bois massif était encore dressée avec des chandeliers en argent, mais les assiettes avaient été débarrassées. Seule une légère odeur de rôti et de vin rouge persistait dans l’air. Tous les membres de sa famille étaient encore attablés, comme s’ils l’avaient attendu. Son père, Gustave, siégeait au bout de la table, le dos droit et les bras croisés sur sa poitrine. Son regard perçant et impassible pesait sur lui. À sa droite, son grand-père, Monsieur Moore, imposait sa présence silencieuse mais autoritaire. S


