A peine remise de mes émotions, la porte devant moi s'ouvre dans un bruit qui résonne comme le début de mon humiliation. Une jeune femme tout sourire m'accueille, dans son tailleur haut et son blazer chic, me faisant signe d'entrer dans la salle de conférence. Je m'avance d'un pas mal assuré, presque timide, honteuse d'arrivée les mains vides au rendez-vous le plus important de ma carrière. Je rentre dans la pièce et voit comme prévu une quinzaine de personnes, qui me suivent du regard à chacun de mes pas. Cette boule de stress coincée au creux de mon ventre s'amplifie lorsque je m'arrête face à eux, au bout de la salle, tous prêts à m'écouter. Je regarde malgré moi la chaise du fond, celle ou devait se trouver Paul, et je ressens une pince au cœur de ne pas l'y trouver, tant


