JeudiElle a voulu me parler une dernière fois avant de mourir. Seule à seule. Elle a renvoyé tous les autres dans le couloir, maman, papa, Anne et Paul. Grand-père aussi, bien sûr. Il était de toute façon la plupart du temps dans le couloir, ou aux toilettes ou à la cantine, parce qu’il ne pouvait pas regarder ma grand-mère, il ne pouvait pas supporter de la voir disparaître sous ses yeux, devenir plus pâle, comme si chaque journée effaçait un peu des couleurs de sa personne. Elle était très faible, son bras était criblé de tuyaux, elle voulait mourir dès qu’elle aurait arrêté de respirer. C’est la raison pour laquelle elle n’avait pas de masque sur le nez ni de tuyau dans la bouche. Ma grand-mère a toujours été de nature raisonnable et pragmatique. Elle n’avait pas peur de mourir. Elle m’


