Chapitre XXXVIIILucas de Beaumanoir lui-même fut touché de la manière pleine de noblesse dont Rébecca venait de faire ce dernier appel. Cet homme n’était naturellement ni dur ni cruel ; mais, ayant toujours été étranger aux passions mondaines, et dominé par le sentiment du devoir le plus rigide, son âme s’était endurcie par la vie ascétique qu’il menait, par la puissance suprême dont il jouissait, et par l’obligation qu’il s’imposait de subjuguer les infidèles et d’extirper l’hérésie. Ses traits se détendirent, et leur sévérité habituelle se radoucit à la vue de la belle créature qui se tenait devant lui, seule, sans ami, et se défendait elle-même avec tant de fermeté et de courage. Il se signa deux fois comme un homme qui se méfie de l’amollissement inaccoutumé d’un cœur qui, en de telle


