Là, les arbres étaient si touffus, les feuilles si larges, que le soleil ne pénétrait pas sous ces voûtes vertes où les bruits sonnaient comme dans un temple. Mais il y faisait clair quand même, et les fleurs énormes, les fruits mûrs, les oiseaux de toutes couleurs dont les plumes traînaient des hautes branches jusqu’à terre, y brillaient de tous leurs reflets de pierres précieuses. C’était des bourdonnements, des coups d’ailes, des frôlements dans les lianes. Des serpents inoffensifs balançaient leurs têtes plates armées de dards ; les singes noirs franchissaient d’un bond les espaces entre les hautes cimes, et de grands étangs mystérieux qui n’avaient jamais reflété le ciel, posés comme des miroirs dans l’immense forêt, semblaient la continuer sous la terre dans une profondeur de verdur


