Chapitre XXIX Jeanne avait fait un effort prodigieux pour marcher, résister à la douleur et déduire logiquement aux yeux de Gontran de Castérac les mobiles qui avaient dû pousser le fils Archineau. Pendant une heure son énergique volonté avait triomphé de sa faiblesse physique. Mais quand Gontran fut parti, lorsque le jeune homme eut disparu de l’autre côté des vignes et que Jeanne fut tranquille, car hors de la forêt il n’y avait plus de danger pour lui, alors la pauvre servante sentit ses forces l’abandonner, et elle s’affaissa sur le sol en murmurant : – Il faut pourtant que je vive !… que deviendrait donc la petite demoiselle sans moi ? Jeanne s’était évanouie de nouveau. La blessure, nous l’avons dit, était cependant sans gravité, mais la balle, en déchirant les chairs, avait am


