Il se demandait comment terminer la lettre, s’il fallait oser un « tendrement » ou s’en tenir aux salutations mauritaniennes en vigueur jusque là, quand il entendit, venant du salon, les cris étouffés de tante Mildred. Les cris ne s’arrêtaient pas et il se leva pour aller voir. Au salon la télévision était allumée, pour la première fois après tant de jours de deuil, c’est pourquoi la nouvelle était arrivée si tard dans la maison isolée, transmise par des voisins. Philéas Book s’efforça de comprendre l’anglais difficile des présentateurs, les images fugitives, les hurlements. Il tendit la main vers l’écran, les yeux exorbités, pour empêcher l’image d’entrer dans le salon. Pendant les mois de folie qui suivirent il se demanda s’il n’avait pas plutôt tendu la main pour dire adieu — non à ceux


