“Plongée dans l’inconnu”

3886 Mots
Une semaine et quatre jours plus tard… Faith était submergée de confusion, d’amertume, et de colère. Son propre père… Comment avait-il pu lui faire ça ? Les mots lui manquaient, elle se sentait piégée dans une spirale de pensées négatives. Depuis l’annonce du “mariage”, elle avait passé la semaine avec Lover, Steven, sa sœur et Aïda, cherchant désespérément une issue. Mais aucune solution ne s’était présentée. Avec son père, les échanges étaient devenus glacials, presque inhumains. Non, c’était pire que froid… c’était comme si elle vivait dans un congélateur, où son cerveau ne parvenait plus à fonctionner correctement. Elle passait ses journées loin de chez elle, préférant la compagnie de Lover et de sa petite fille. Cette dernière, si innocente et charmante, apportait un réconfort dont Faith avait désespérément besoin. Lover lui avait confié que ses parents l’avaient rejetée à cause de son mariage avec un homme issu d’une famille ennemie. Quelle triste situation… Faith aurait pu en rire si sa propre vie n’était pas devenue tout aussi compliquée. Ce samedi-là ne faisait pas exception. Vers 18 heures, Faith décida de rentrer chez elle après avoir passé la journée avec Lover. Mais en arrivant devant la maison de son père, elle remarqua plusieurs voitures dans le petit parking familial. Son cœur s’alourdit immédiatement. — Qu’est-ce que c’est que ça ? se demanda-t-elle en s’approchant de la porte d’entrée. Elle inséra sa clé dans la serrure mais se rendit compte que la porte était déjà ouverte. Une vague d’inquiétude monta en elle. À l’intérieur, quatre personnes étaient assises autour de son père, qui, comme à son habitude ces derniers jours, restait impassible. — Euh… bonsoir ?, lâcha Faith, hésitante, tout en scrutant les visages des étrangers. Tous, à l’exception de son père, répondirent par un — bonsoir, poli. Le silence qui suivit semblait peser une tonne. Faith se sentit instantanément mal à l’aise. Ses pensées tournaient en boucle. Qui étaient ces gens ? Pourquoi étaient-ils là ? Une peur sourde montait en elle, et elle savait que quelque chose de grave se préparait. Son père ne daigna même pas lever les yeux vers Faith. Sa voix, froide et détachée, transperça l’air lourd de tension. — Va prendre ton bain. Ta tante est dans ta chambre, elle a besoin de toi. Faith resta figée un instant, abasourdie par le ton autoritaire et distant de son père. Pourquoi il parle tout à coup, lui ? se demanda-t-elle, tandis que le malaise montait. Les trois autres personnes assises dans la pièce la dévisageaient avec une intensité qui la fit frissonner. Leurs regards la transperçaient, comme s’ils scrutaient chaque recoin de son âme. Elle se racla la gorge, tentant de cacher son inconfort. — Euh… d’accord. Encore désolée pour le dérangement, dit-elle, le sourire crispé, espérant que la gêne la quitte. La dame, qui semblait être la figure maternelle du groupe, lui répondit avec un sourire tendre. — Ce n’est rien, ma fille. Elle se tourne vers son père. — Elle est belle, ta fille. Faith force un sourire en retour, mais une tension inexplicable l’envahit. Elle se dirige rapidement vers sa chambre, pressée de revoir sa tante. Alors qu’elle s’engage dans le couloir, elle aperçoit Aïda sortant de sa chambre, le visage inondé de larmes. Le cœur de Faith se serre immédiatement, son rythme s’accélère. Elle allonge le pas, presque courant pour rejoindre Aïda. Faith, paniquée : — Eh, Da… Qu’est-ce qui ne va pas ? Pourquoi tu pleures ? Aïda, la voix brisée, se jette dans ses bras, tremblante : — Je… je suis désolée ! Tellement désolée, Faith… J’ai essayé de… de les arrêter, mais… mais je n’ai pas pu… Elle éclate en sanglots incontrôlables, son corps secoué par la détresse. Faith, les yeux écarquillés par la panique : — Quoi ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Qui ? De quoi tu parles, Aïda ?! Elle la secoue doucement, cherchant des réponses dans ce chaos d’émotions. Aïda, entre deux sanglots : — C’est… c’est eux… Ils ont… ils ont décidé… de… Faith se recule légèrement, l’incompréhension se transformant en peur viscérale : — Quoi ?! Décidé de quoi ?! Aïda, dis-moi ce qu’il se passe ! Aïda, incapable de s’arrêter de pleurer, serre Faith encore plus fort — Da, calme-toi, dis-moi ce qui se passe ! supplia Faith, sa voix trahissant l’anxiété qui montait en elle. Aïda, encore secouée par ses pleurs, murmura entre deux sanglots : — C’est… maman… elle… Mais ses mots furent interrompus brusquement. La porte s’ouvrit en fracas, et la tante de Faith surgit dans la pièce avec une expression dure, presque froide. — C’est quoi tout ce bruit ? Toi, viens avec moi ! ordonna-t-elle, avant de saisir brutalement Faith par le bras et de la traîner hors de la chambre comme une criminelle. Faith se débattit, son cœur battant à tout rompre. — Mais, tata, on ne peut pas la laisser comme ça ! Elle pleure, elle a besoin de moi ! — Oh, si on peut ! Va vite prendre ta douche, on n’a plus de temps à perdre ! rétorqua sa tante avec un ton sans appel, la tirant de force vers la salle de bain. Faith, encore sous le choc, jeta un dernier coup d’œil à Aïda, qui continuait de pleurer, avant de s’enfermer dans la salle de bain. Ses mains tremblaient alors qu’elle se déshabillait, ses pensées se bousculant dans sa tête. En se savonnant, des flashs de la situation défilaient dans son esprit : les voitures à l’extérieur, les regards étranges des invités, l’état effondré d’Aïda, la robe et les bijoux… L’angoisse monta soudain, l’oppressant. — Non… Ce n’est pas possible… Mon père ne peut pas me faire ça, pas à moi… pensa-t-elle en se rassurant, la gorge serrée. Mais le bruit v*****t de coups sur la porte la fit sursauter. — Faith ?! Sors de là immédiatement ou je te traîne par les cheveux ! hurla sa tante, de plus en plus impatiente. Faith se précipita hors de la salle de bain, à moitié tremblante. — Tata… qu’est-ce qui se passe ici ? demanda-t-elle, désespérée de comprendre, l’eau dégoulinant encore de ses cheveux. Sa tante la saisit avec fermeté par le bras et la fit asseoir de force sur le lit, sans un mot de plus. Puis, avec des gestes rapides et précis, elle commença à la maquiller, comme si tout était parfaitement normal. Mais il n’y avait rien de normal dans cette situation. La peur montait en Faith comme un poison lent. Une autre femme, surgie de nulle part, se mit à la coiffer, ignorant ses protestations. — Non, mais qu’est-ce que vous faites ?! Laissez-moi ! Je ne veux pas de ça ! s’écria Faith, essayant de se libérer, ses mouvements désordonnés, son cœur battant si fort qu’elle pensait qu’il allait exploser. C’est alors qu’Aïda, toujours secouée de larmes, entra dans la pièce. Sa voix, empreinte de rage et de désespoir, fendit l’air comme une lame. — Ils veulent te marier à ce c*****d ! Ce lâche qui n’a même pas le courage de venir en personne ! Faith sentit le sol s’effondrer sous ses pieds. Son estomac se noua et une sueur froide recouvrit son corps. — Non… non, tata, vous ne pouvez pas faire ça ! Je refuse ! Je ne veux pas de ce mec ! Elle se débattait de toutes ses forces, ses poignets entravés par les mains de sa tante La tension dans l’air était palpable alors que Faith se tenait face à sa tante. Cette dernière, visiblement tourmentée, avait enfin décidé de révéler l’héritage tragique de leur famille. — Faith, tu dois comprendre ce qui se cache derrière cette décision de ton père, commença sa tante, la voix tremblante. — Tout commence avec ton grand-père. Faith plissa les yeux, impatiente. — Qu’est-ce qu’il a fait ? — Ton grand-père était un homme d’affaires respecté, mais son arrogance l’a conduit à sa perte. Un jour, il a parié 4 millions de dollars sur un coup de dés au casino avec un ami de longue date. Au début, ils gagnaient. Mais cette chance l’a rendu accro aux jeux, et il a fini par tout perdre. Son entreprise, sa réputation, tout. Les mots de sa tante résonnaient comme un coup de tonnerre dans l’esprit de Faith. — Comment a-t-il pu laisser cela arriver ? — Quand il a réalisé l’ampleur de ses pertes, il était trop tard. Un homme très riche a fini par investir dans son entreprise, lui offrant une seconde chance, mais avec une condition : il devait lui verser une certaine somme chaque année. Au lieu de remettre son entreprise sur pied, ton grand-père replongea dans les jeux d’argent et perdit tout à nouveau. Faith, horrifiée, murmura : — Il a tout gâché… — Oui, acquiesça sa tante, les larmes aux yeux. — Deux ans plus tard, cet homme, qui était en réalité un t********t d’armes, est revenu le voir. Il n’avait pas reçu un centime. Après un ultimatum de deux mois, ton grand-père, pris de panique, a fui le pays, laissant tout derrière lui. Il a essayé de reconstruire sa vie ailleurs et a fondé une famille, mais son passé le hantait toujours. Faith sentait son cœur s’alourdir à chaque révélation. — Et cet homme ? Que lui est-il arrivé ? — L’homme est revenu. Ton grand-père, désormais acculé, a enfin avoué qu’il ne pouvait pas rendre l’argent. Ils ont alors fait un accord : ton grand-père aiderait le t********t à blanchir l’argent. Ce qu’il a accepté, pensant qu’il n’avait pas le choix. — Et après ? demanda Faith, maintenant anxieuse. — Ton grand-père a réussi à redevenir un homme d’affaires riche. Mais pour prouver sa loyauté envers le t********t, il a dû offrir son fils à ce dernier. Le t********t a refusé, mais ta grand-mère, enceinte, s’est battue pour ne pas perdre son enfant. Elle a supplié le t********t de prendre autre chose que son fils unique. C’est ainsi qu’est né le pacte. — Le pacte ? Qu’est-ce que c’est ? interrogea Faith, le cœur battant. — Les générations des deux familles de s**e opposé devaient se marier. Ton père a épousé la fille aînée du t********t pour sauver la vie de sa mère. Ils ont même ajouté une condition : si l’un d’eux se marie avant ses 19 ans, le pacte n’existerait plus pour cette génération, mais reviendrait pour les suivantes. La colère et l’incompréhension montèrent en Faith. — Donc, je suis coincée dans ce mariage parce que de vieux pactes de famille ? C’est injuste ! — Je sais, ma chérie, répondit sa tante, le visage marqué par l’angoisse. — Mais ton père pense que c’est le seul moyen de protéger notre famille de la colère du t********t qui n’est autre que le père de ta mère . La peur des conséquences le ronge. Faith se leva, déterminée, le cœur lourd. — Je ne peux pas accepter ça. Je dois parler à mon père et à ce vieux fou, je suis l’enfant de sa fille pourquoi il veut me faire ça ? — Fais-le, le fils aîné de ta génération est de le trafique comme son grand père, il es très cruel conseilla sa tante, pleine d’espoir et de peur. — Peut-être qu’il y a encore une chance de changer le destin de cette famille . Tu n’es pas seule dans cette lutte. Faith se sentait piégée entre un héritage maudit et son désir de liberté. Mais elle savait qu’elle devait agir pour briser ce cycle de peur et de sacrifice En un clin d’œil, Faith fut arrachée à ses pensées, traînée sans ménagement par sa tante dans le salon, où elle fut ballotée de main en main pour saluer les invités. Chaque contact lui semblait distant, froid, comme si elle était devenue une simple poupée mécanique, obligée de se plier aux attentes sans qu’on ne lui demande son avis. À l’intérieur, un tourbillon de pensées et d’angoisses la ravageait. Elle se sentait piégée dans une cage invisible, incapable de s’en échapper. Comment avait-elle pu en arriver là ? Si seulement elle avait écouté sa cousine, si elle s’était mise en couple plus tôt, peut-être aurait-elle eu le choix de se marier par amour, avec quelqu’un qu’elle connaissait, quelqu’un qu’elle aurait choisi. Mais au lieu de cela, elle se tenait là, face à un inconnu, un étranger qui allait décider de son destin. Une peur viscérale l’étreignait, comprimant son cœur jusqu’à lui couper le souffle. Chaque geste devenait mécanique, comme si son corps ne lui appartenait plus. Perdue, elle chercha désespérément le regard de son père dans la foule. Elle avait besoin de lui, d’un signe, d’un mot, quelque chose qui lui dirait que tout irait bien, qu’elle n’était pas seule. Mais lorsqu’elle croisa enfin ses yeux, son cœur se serra douloureusement. Son père, d’ordinaire si distant, la regardait cette fois-ci avec un mélange de tristesse et de résignation. Il lui sourit faiblement, un sourire qui n’avait rien de joyeux, mais qui portait tout l’amour qu’il avait pour elle. Son regard était rempli de compassion, mais aussi de frustration, d’une profonde douleur contenue. Il hocha lentement la tête, comme pour lui dire : “Je suis désolé, mais je ne peux rien faire.” À cet instant, Faith sentit une vague de désespoir l’envahir. Ses jambes tremblèrent sous le poids de l’injustice. Elle avait envie de pleurer, de crier, de se jeter dans les bras de son père et de lui demander pourquoi il ne faisait rien, pourquoi il la laissait affronter cela seule. Mais au lieu de cela, elle resta figée, paralysée par une détresse qui la consumait de l’intérieur. Les minutes qui suivirent se déroulèrent dans une brume épaisse. Chaque moment, chaque geste, chaque parole prononcée autour d’elle semblaient irréels, comme si elle flottait dans un cauchemar dont elle ne pouvait se réveiller. Le jour du mariage religieux, elle priait en silence, ses mains tremblantes dissimulées sous son voile. Elle suppliait dans son cœur pour que l’homme qui devait devenir son mari change d’avis, pour qu’un miracle survienne, pour que ce mariage soit annulé à la dernière seconde. Mais rien ne se produisit. Tout se déroulait comme prévu, implacablement. À la mairie, alors qu’elle répétait machinalement les vœux, son esprit était ailleurs. Elle répétait encore et encore la même prière dans son cœur : que cet homme ne se présente pas. Que quelque chose, n’importe quoi, vienne briser cette horrible réalité. Mais chaque mot prononcé la ramenait cruellement à l’instant présent. Elle était enchaînée, prisonnière d’une destinée qu’elle n’avait jamais choisie. Et puis vint la soirée, cette réception grandiose où tout semblait tellement faux. Les sourires, les rires, les félicitations. Tout résonnait comme dans une pièce de théâtre mal jouée. Faith se sentait étrangère à sa propre vie. Ses gestes n’étaient plus les siens, son corps ne lui appartenait plus. Elle bougeait, parlait, souriait, mais tout cela semblait être dicté par une force extérieure. Elle avait l’impression de se regarder de loin, comme une spectatrice impuissante, incapable de changer quoi que ce soit. Son cœur se serra davantage à chaque instant. Elle n’était plus que l’ombre d’elle-même. Elle comprit, avec une froide certitude, que sa vie venait de lui être volée. Elle n’était plus Faith, la jeune femme libre et rêveuse. Elle était devenue une marionnette, piégée dans une toile tissée bien avant sa naissance, condamnée à vivre un destin qu’elle n’avait jamais voulu. Le moment tant redouté arriva : Faith devait partir avec son mari. Celui-ci, prétextant une lune de miel, avait en réalité une réunion importante à Bali le lendemain. Ce voyage, qui aurait pu faire rêver n’importe qui, laissait Faith totalement indifférente. Alors qu’elle n’avait jamais voyagé ailleurs qu’au Sénégal, elle se retrouvait à la veille de partir pour Bali, sans aucune excitation. Sa valise, déjà faite par sa cousine, était prête, mais Faith, spectatrice passive de sa propre vie, ne se sentait pas maîtresse de ses décisions. De l’autre côté de la salle, elle aperçut son père parler à son mari. Intriguée, elle s’approcha discrètement et surprit une conversation qui la toucha profondément. Son père le mettait en garde à son sujet, lui demandant de prendre soin d’elle. Faith sentit une vague d’émotion l’envahir. Malgré tout ce qui se passait, son père pensait encore à son bien-être. Mais ce soulagement fut de courte durée, la réalité de son mariage la rattrapant avec une brutalité déchirante. — Viens là, ma fille, dit doucement son père, la voix empreinte d’une tendresse qui lui fit presque mal. Faith s’approcha, la tête basse, le cœur lourd. Elle n’avait aucune motivation, seulement l’envie de fuir tout ce qui l’entourait. — Je sais que tu es en colère, et je sais aussi que ta tante t’a parlé de ton grand-père, commença-t-il tristement, évitant son regard. Faith ouvrit la bouche pour parler, mais aucun son ne sortit. Elle sentait les larmes monter, prêtes à éclater. — Ce que ta tante t’a raconté est bien moins cruel que la réalité, et je ne veux même pas que tu la connaisses, ajouta-t-il, la voix brisée. — L’homme avec qui je t’ai mariée a la capacité de t’éloigner de ce chaos. Dans sa famille, tu seras protégée. Je ne voulais pas que tu épouses n’importe qui. Je sais qu’ils prendront soin de toi… mon bébé, continua-t-il, luttant contre ses propres larmes. Faith sentit son cœur se déchirer. Elle voulait comprendre, elle avait tant de questions. — Papa, pourquoi… pourquoi moi ?commença-t-elle avant que son père ne l’interrompe. — Chut, mon bébé, murmura-t-il en la prenant dans ses bras, la serrant avec force. — Sache une chose : je t’aime plus que tout au monde. Si tu veux que j’annule ce mariage, je le ferai. Je suis prêt à me battre avec ton grand-père, à affronter n’importe qui, même s’il faut que j’y laisse ma vie. Je le ferai pour toi, Faith. — Non, papa ! Il va te tuer ! Et après… qui prendra soin de moi ? pleura Faith, le serrant à son tour de toutes ses forces, son corps tremblant sous l’émotion. — Je ne veux pas que tu meures, papa… Je ne veux pas te perdre. Il caressa doucement ses cheveux, tentant de la calmer. — Alors promets-moi une chose. Ne sois pas impolie comme tu l’étais à la maison. Ne te bats pas avec ton mari, et surtout… ne coupe pas les cheveux de ta belle-mère, ajouta-t-il en plaisantant, tentant de détendre l’atmosphère. Faith, malgré tout, éclata de rire à ce souvenir, réalisant que son père avait trouvé le moyen de la faire sourire, même dans ce moment sombre. — Prends soin de toi, dit-il avec un sérieux paternel. — J’ai déjà dit à ton mari que si jamais je t’appelle et que je découvre la moindre égratignure sur toi, je le tue. — Et moi, je le frapperai s’il me frappe, répliqua Faith en riant, toujours sous le coup de l’émotion. — Non, mais écoute-la ! Tu vas me faire honte là-bas, répondit son père, amusé par son audace. — Mais papa, c’est toi qui m’as dit en maternelle que si quelqu’un me frappait, je devais rendre le coup ! — Et si cette personne est plus forte que toi, tu la mords ! répondirent-ils en même temps, avant de rire ensemble, ce qui allégea un peu le poids sur le cœur de Faith. Le rire s’éteint doucement, et son père prit son visage entre ses mains, la regardant droit dans les yeux. — Rappelle-toi, Faith… c’est toujours toi et moi contre le monde. Tu es mon trésor, la raison pour laquelle je me bats chaque jour. Et je le ferai jusqu’à ce que tu n’aies plus besoin de moi. — J’aurai toujours besoin de toi, papa, murmura Faith, les larmes aux yeux. — Alors, rends-moi fier, dit-il doucement, avant que le reste de la famille ne revienne pour faire leurs adieux. Faith, cette fois, ne retint pas ses larmes. Elle versa tout ce qu’elle avait accumulé depuis des semaines, mais elle se fit une promesse : ne plus jamais pleurer pour ce mariage. Juste avant de partir, sa tante l’attira à l’écart et lui glissa à l’oreille : — J’ai mis une petite surprise dans ta valise. Ces nuisettes… rends cet homme fou de toi. C’est lui qui est venu te chercher, alors ne laisse aucune autre femme te le prendre. C’est à toi de bloquer ça, tu m’entends ?lança-t-elle avec un sérieux déconcertant. Faith éclata de rire face au sérieux de sa tante, avant de monter dans la voiture avec son mari pour l’aéroport. Elle était épuisée, émotionnellement vidée. Et à peine l’avion décollé pour Bali, elle s’endormit, laissant derrière elle cette longue et éprouvante journée. Arrivés à Bali, Faith sentit une main douce la réveiller. Son mari, toujours aussi poli, la regardait calmement. — On est arrivés. La voiture nous attend dehors. Faith, encore engourdie par le voyage, acquiesça sans vraiment réaliser où elle était. Une fois dehors, elle vit la voiture qui les attendait, un véhicule luxueux. Ils montèrent, et alors qu’ils roulaient vers l’hôtel, Faith commença à comprendre l’ampleur de la situation. Ce n’était pas seulement un homme riche qu’elle avait épousé, c’était un homme extrêmement riche. L’hôtel où ils allaient était somptueux, digne des plus grandes fortunes du monde. Lorsqu’ils arrivèrent, Faith sortit de la voiture et voulut instinctivement prendre sa valise. — Tu attends quoi ? Viens, dit son mari calmement en se dirigeant vers l’entrée. Faith se retourna, prête à lui demander ce qu’ils allaient faire des bagages, mais elle aperçut une équipe qui venait s’occuper de leurs affaires. Pas besoin de poser la question. Elle suivit son mari dans le hall de l’hôtel, observant tout autour d’elle. Cet endroit débordait de luxe à chaque recoin. Pendant qu’il récupérait les clés à la réception, Faith remarqua que la dame derrière le comptoir faisait des sourires charmeurs à son mari. Un pincement désagréable se fit sentir en elle. Elle ne savait pas encore ce qu’elle ressentait pour lui, mais cette scène l’agaça. Peut-être était-ce juste la fatigue qui parlait. — Tu viens, lança-t-il encore une fois, d’un ton neutre, brisant ses pensées. Il n’utilisait vraiment que ces deux mots, comme si c’était une habitude. Faith le suivit silencieusement jusqu’à la chambre. Une fois à l’intérieur, elle ne savait pas quoi faire ni où se mettre. Tout était si grand, si opulent, mais l’atmosphère entre eux restait étrangement distante. — Je vais dormir… euh, la chambre c’est par où ? demanda-t-elle doucement, presque timidement. — Suis-moi, répondit-il sans se retourner. Elle le suivit dans un couloir menant à ce qui semblait être leur suite privée. En arrivant devant la porte de la chambre, Faith réalisa avec surprise qu’il n’y avait qu’un seul lit. Une grande chambre, certes, mais avec un seul lit. — Tu vas dormir où, toi ? osa-t-elle demander, la voix tremblante d’incertitude. Il se tourna vers elle, l’air impassible, et répondit simplement : — Ici. C’est notre chambre. Faith sentit un frisson de nervosité lui traverser la colonne vertébrale. Elle ne savait pas comment gérer la situation, ni quoi dire. C’était le premier soir de leur mariage, un mariage qu’elle n’avait pas souhaité, et maintenant, elle se retrouvait seule dans une immense chambre, face à un homme qu’elle connaissait à peine.
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