2Le récit d’Enzo Je n’ai aucun souvenir de ma toute petite enfance. Je n’ai jamais cherché à rencontrer l’homme dont je porte le nom et que je n’avais connu que jusqu’à mes trois ans. Pour moi, il n’avait jamais existé. Je n’ai appris son existence que lorsque Maman m’a montré cette carte d’identité qu’elle avait fait renouveler à mes dix ans à partir de celle qu’ils avaient dû faire établir pour pouvoir aller au sport d’hiver en France et qui arrivait en fin de validité. Maintenant, je comprends pourquoi. Il est en effet difficile de prolonger une identité après avoir été porté disparu sur les actes officiels détenus par les mairies. Et Maman a dû user de tout son charme pour faire valoir cet unique document qui était encore valide sans faire appel aux actes de naissance généralement req


