Le dessert avait été servi et le voisin bégayant de Severus parlait de quelque chose auquel il ne prêtait pas une oreille très attentive. Son esprit et son attention étant tournés vers Harry. Il essayait de trouver quelque chose, n'importe quoi qui pourrait montrer qu'il y avait une part de Lily dans le garçon. À ce moment précis, le garçon se tourna vers lui et leurs yeux se croisèrent. Il était là… le détail qu’il cherchait depuis un moment. Dumbledore avait dit vrai, il avait les mêmes yeux que Lily, des yeux d’un vert rappelant une forêt profonde et luxuriante.
Soudainement, le garçon leva sa main vers son front comme s'il était pris d’un v*****t mal de tête. Severus plissa les yeux pour mieux l’observer et des rides se formèrent sur son front. Sa cicatrice l’avait fait souffrir. Il détourna le regard pour jet un coup d’œil à son voisin de table qui se tenait désormais à demi tourné vers lui, tournant quasiment le dos aux élèves. Quelque chose de louche se tramait, et cela avait à voir avec Quirell et son drôle de turban. Il avait bien senti les choses au mois de Juillet.
Un matin de juillet, alors qu'il prenait une douche, Severus avait ressenti des élancements dans son avant-bras gauche. Surpris, il était sorti hâtivement de la douche et s’était collé contre la petite fenêtre de la salle de bain afin d’observer attentivement et à la lumière du jour son avant-bras. Il avait alors remarqué avec horreur que la marque des ténèbres était réapparue. Certes les contours étaient à peine visibles, mais la marque qui avait été invisible durant les six dernières années, avait belle et bien réapparu.
Après avoir fini de se sécher et de s’habiller, il avait préparé un message à l’intention de Dumbledore et avait envoyé sa nouvelle chauve-souris postale, une blague de très mauvais goût du directeur à son intention, pour délivrer le message.
Quelques jours plus tard, Dumbledore s’était entretenu avec lui à propos de la pierre philosophale.
- Severus ! S’exclama Dumbledore. Comment vas-tu ?
Rogue leva un sourcil désabusé vers le directeur, mais ne lui répondit pas. Dumbledore continua comme si de rien était.
- Je te remercie pour ton message de l’autre jour. Je suis ravi de voir que tu te sers de Blacky. Cet animal est vraiment extraordinaire ! Savais-tu qu’au Canada, cette espèce est appelée le renard vol…
- Albus ! L’interrompit Severus. Qu’en est-il de la situation ?
Dumbledore remarqua l’inquiétude dissimulé dans l’impatience de sa question. Il lui fit part de ses pensées sur la question.
- Je suppose qu’il est inutile de tourner autour du pot plus longtemps. Je suis ici pour te faire part de mon ressenti sur la… situation.
Severus acquiesça de la tête. Le sujet était délicat, mais le fait que Dumbledore se soit déplacé jusque chez lui pour lui faire part de son ‘ressenti’ ne présageait rien de bon.
- Lorsque j’ai reçu ton message, il se trouve que j’étais chez mon ami Nicolas. Je n’ai pas pu m’empêcher de partager l’information avec lui. La situation mérite toute notre attention Severus, la réapparition de la marque sur ton bras me fait penser que Voldemort a trouvé un moyen de revenir et qu’il est en Angleterre.
Severus ne put s’empêcher de frissonner à l’entente du nom de son ancien maitre.
- Qu’y a-t-il en Angleterre qui permettrait son retour imminent ?
Albus planta son regard dans celui de Severus.
- Nicolas a mis en lieu sûr la dernière pierre philosophale chez Gringotts. Nous pensons tous les deux qu’elle n’est plus en sécurité.
Un silence lourd de sens s’installa entre les deux hommes.
- Quirinus est revenu d’Albanie il y a quelques jours… ajouta Dumbledore.
- Qu’est-ce que cet abruti de Quirell vient faire là-dedans ?
- Le timing de Quirinus ne me plait pas Severus. Il m’a contacté le lendemain de ton message pour me demander s’il pouvait reprendre son poste de Professeur au sein de Poudlard…
- Et alors ?
- Il ne me restait plus que le poste de Défense contre les forces du mal… avoua Dumbledore l’air presque contrit.
Il se tut, laissant à Severus le temps de digérer l’information avant de reprendre :
- Il n’est plus le même, il s’est passé quelque chose en Albanie, son comportement a changé, il me semble avoir reconnu des traces de l’empreinte magique de Voldemort mais je ne suis pas sûr. Je préfère le garder à l’œil à Poudlard, afin de confirmer mes doutes, plutôt que de le savoir en liberté dans la nature.
- Et pour la pierre ? Souhaitez-vous que j’aille la récupérer pour Mr Flamel ?
Albus secoua la tête.
- Nicolas n’est plus au sommet de sa forme. Et si j’envoie un professeur, cela attisera la curiosité de Quirell, Voldemort ou toute autre personne à sa solde. Je préfère envoyer quelqu’un de plus… discret !
Albus termina sa phrase dans un sourire. Severus lui lança un regard peu rassuré, connaissant Dumbledore sa solution n’allait pas lui plaire… pas du tout.
- C’est Hagrid qui se chargera de me la ramener. Je lui ait déjà confié une autre mission nécessitant sa présence à Gringotts dans deux jours. Cela fera d’une pierre deux coups. Fit Dumbledore en insistant sur la deuxième phrase.
- Si vous le dites. Marmonna Severus sans relever la tentative d’humour du directeur.
Le Garde-chasse de Poudlard passait aussi inaperçu que sa magie était efficace, s’était pour dire…
- N'est-ce p-pas bizarre ? lui demanda Quirell, le ramenant brusquement à la réalité de la Grande Salle.
- Qu'est-ce qui est bizarre ? Dit Rogue qui était déjà irrité par cet homme. Il ne pouvait rien imaginer de plus bizarre que ce c****n enturbanné qui ne se taisait jamais, même après avoir été clairement insulté. Il avait du mal à imaginer le Seigneur des Ténèbres même fortement affaibli avoir quelque chose à voir avec un type pareil. - Le fait que la p-pierre philosophale ait été re-retirée juste avant q-que le voleur n'entre par ef-f-fraction, répéta Quirell.
- Comment... savez-vous... ce qu'il y avait dedans ? demanda Rogue, désormais très attentif à la tournure de la conversation.
De la terreur pure, c'est ce qui était lisible sur le visage du professeur Quirell. Rogue n'était pas un imbécile. Il avait le don de la pensée rationnelle et était un très bon legilimens. Oui, des informations avaient été publiées concernant la tentative de vol de la chambre forte numéro sept cent treize de Gringotts, mais personne d'autre qu’un petit groupe de personne très proche de Dumbledore et Nicolas Flamel savait ce qu'elle contenait.
De la sueur commença à couler le long du front du professeur Quirell, mais Albus Dumbledore se leva au même moment et le silence se fit dans la salle, ce qui lui donna l’opportunité de ne pas répondre à la question.
- Maintenant que nous avons rassasié notre appétit et étanché notre soif, je voudrais encore vous dire quelques mots en ce qui concerne le règlement intérieur de l’école…
Quirell tourna la tête pour regarder Dumbledore, l’arrière de sa tête, dissimulée par son turban se retrouva sous le nez de Rogue. Celui-ci détecta à nouveau des picotements dans son avant-bras gauche. Oui, quelque chose de louche se tramait…
- Enfin, je dois vous avertir que cette année, l’accès au couloir du deuxième étage de l’aile droite est formellement interdit, à moins que vous ne teniez absolument à mourir dans d’atroces souffrances.
Des murmures parcoururent les élèves et l’esquisse d’un sourire se dessina sur les lèvres des professeurs présents, la plupart étant au courant que le monstre sanguinaire présent au deuxième étage portait le nom terrifiant de Touffu.
Néanmoins leur sourire se figea rapidement quand Dumbledore annonça qu’il fallait chanter l’hymne du collège. Severus grogna, il était persuadé que Dumbledore se réjouissait à l’idée de détruire les tympans de l’Irlande toute entière avec cette satanée chanson. Quand le supplice fut terminé, Rogue lança un regard mauvais à Quirell, et quitta la table aussi rapidement que possible.