Les parcimonieuses conversations que nous avons eues avant que je m'écroule se sont éloignées elles aussi laissant simplement derrière elles une gêne, une ombre, un peu comme un vêtement garde d'un mauvais coup de fer, un faux pli qu'on n'arrive pas à faire disparaître. Le monde m'apparaît trop grand pour moi. Pouvoir faire des marches de plus en plus longues sur les sentiers des alentours est désormais le seul exploit à ma portée. Marie m'a apporté des chaussures fermées, confortables que j'apprécie car, depuis quelques jours, le grand bleu dont nous a gratifiés le printemps s'est effiloché. Les averses parfois orageuses sont fréquentes et hier il y avait même, s'accrochant à la pointe des résineux, des écharpes de brumes qui évoquent plus la Toussaint que la belle saison. Si cela contin


