46Tous les matins, Eloisa regardait avec appréhension passer les patrouilles qui battaient la forêt pour retrouver Emöke. Chaque soir quand, à leur retour, les sabots faisaient résonner les planches du pont sur l’Uque, elle retenait son souffle. Le matin, elle allait prier dans la petite église de Notre-Dame des Neiges. À genoux, elle suppliait la Mère de Dieu, l’Enfant Jésus et les Saints protecteurs peints grossièrement au-dessus de l’autel de pierre et à-demi effacés, pour qu’on ne retrouve pas Mikael. Elle y retournait le soir pour les remercier, quand elle voyait les soldats rentrer bredouilles. Le reste du temps, elle respirait à peine. Son sommeil, agité, était peuplé des mêmes peurs. Son oreiller trempé de larmes. Elle avait dit à sa mère pourquoi Mikael avait disparu. Agnete l’av


