Il me suffit de fermer les yeux pour les revoir, ceux que j'ai laissé derrière moi, ceux à qui j'ai tourné le dos. On pourrait facilement croire que j' y étais, à cette grande table familiale, assise, souriant et participant à cette conversation animée. Ouvrir les yeux me ramenait toujours brutalement à la réalité. Cette image que j'imaginais si clairement était le reflet d'une famille où je ne me sentais plus à ma place. Ce soir là, en rentrant à la maison, l'évidence me frappa. Je devais partir. M'éloigner de ces sensations malsaines que je ressentais et de cette haine qui montait en puissance envers elle que j'ai aimé sans limites, sans restriction. Il m'était devenu insupportable de la regarder, de lui parler. Ce que je considérais comme une trahison pesait sur mon coeur d'un p


