Chapter Four

990 Mots
Montconseil, Corbeil Essones 91100 -C'est quand ton prochain rendez-vous ? demanda mon frère -Dans une semaine je crois. -Vas-y habille toi, dit-il en mettant sa veste. -On va où ? -Viens on va manger non ? -en levant, Je te suis. J'enfile rapidement un jean, un pull et des baskets. J'ai jamais vraiment cherché d'innovation dans ma façon de m'habiller. À vrai dire, je m'en fous un peu de l'image que je peux donner aux autres. L'humain ne cessera jamais de critiquer, même là où il n'y a rien à dire. Alors à quoi bon s'intéresser à leurs jugements. On sort en saluant ma mère et on monte dans sa voiture. Il m'a dit qu'on allait manger avec un ami à lui. Moi j'étais juste contente de sortir, je manquais de compagnie depuis ces derniers temps. Il conduit jusqu'à son quartier qui n'était pas très loin, son pote monte dans la voiture, dit bonjour à mon frère et se retourne pour me dire bonjour. Son ami était également celui d'Azhar, avec qui il était au mariage. Je me sentais d'un coup très mal à l'aise. Malchance ou coïncidence, appelez ça comme vous voulez. Je prie juste intérieurement pour pas qu'il ouvre sa bouche devant mon frère. Au départ, il s'était tourné vers moi et m'avait fait un signe de tête en guise de bonjour puis il a dû comprendre que c'était moi qui avait échangé une discussion avec Azhar au mariage et il s'est retourné avant de me lâcher un sourire. Il me dit qu'il s'appelle Sedim et je hoche simplement la tête en disant Arina pour me présenter. Le trajet paraissait étrangement long. Les deux devant ne me prêtaient aucune attention et moi je savais pas trop quoi faire, en fait j'osais pas parler. On arrive dans un Mcdo pas loin, on prend nos commandes puis Tarek nous demande de chercher une place pendant que lui attend nos plateaux. Nous attendons quelques minutes avant de prendre la table qui vient tout juste d'être libérer. -T'es la meuf d'Azhar ? demande t-il en prenant place. -Loin de là. -Chelou. -Pourquoi ça ? -Mmh je sais pas. -... -Chelou que lui me dise oui et toi non. Je tourne rapidement ma tête vers Sedim mais je ne peux répliquer vu que Tarek était arrivé avec nos plateaux en main. -Ils sont rapides hein, s'étonna Tarek -Ouais ouais donne mon burger, dit Sedim en se frottant les mains. Je prend le mien et le mange silencieusement. Je suis pas sûre d'avoir bien compris ce que Sedim m'a dit mais je préfère ne pas me soucier de cela. Je sais pas pourquoi je suis venu vu que je suis un peu à l'écart mais bon, c'est toujours mieux que de rester toute seule à la maison. J'hésitais un peu à envoyer un message à Kamar mais vu la façon dont elle m'a parlé, je risque pas de venir vers elle. Un minimum de fierté. Je fais mine d'être à fond sur mon téléphone alors que je n'avais même pas une amie avec qui parler. Après avoir mangé, on remonte en voiture et il me reconduit jusqu'au quartier avant de repartir je ne sais où avec Sedim. [...] -Ça fait longtemps j'ai pas vu Kamar, annonça ma mère -Ouais. -Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi tu vas pas la voir toi ? -J'ai pas envie, si elle veut me voir elle n'a qu'à venir à la maison, dis-je pour me défendre. -Vous vous êtes disputés ? -Non pourquoi tu dis ça ? -Je peux inviter sa mère et elle a manger alors ? -en me levant, Fais ce que tu veux. Je prend mes médicaments et m'allonge sur mon lit, sous la couverture. Je sais même pas si Kamar et moi on est en dispute en fait. C'était peut-être un mauvais moment et c'est pour ça qu'elle m'a parlé aussi froidement mais elle n'est pas revenu vers moi depuis. Alors comment je devrais réagir ? [...] Quelques jours plus tard, j'avais un rendez-vous comme à mon habitude à l'hôpital. Tarek m'a accompagné et m'a attendu sur le parking. J'ai repéré la voiture d'Azhar mais pas lui et heureusement parce que Tarek aurait vu d'un mauvais œil si Azhar serait venu me parler. Il a jamais été très protecteur avec moi, il ne m'a pas interdit grand chose si ce n'est de ne pas faire honte à la petite famille qu'on était. Mais je sais pertinemment que si je parle avec un garçon, il va s'imaginer pleins de choses. Un rendez-vous comme les autres, je ne suis pas resté dormir à l'hôpital et je suis bien contente de pouvoir rentrer chez moi aujourd'hui. Je remonte en voiture et Tarek nous reconduit à la maison dans un silence très lourd. Le lendemain matin, vers les coup de 11h, ma mère m'envoya acheter du pain. Je me suis rendue à la boulangerie et sur le chemin du retour -comme par hasard- j'ai croisé Kamar mais elle n'était pas seule. -C'est pas ta pote ? remarqua son petit ami, Hakim -Ouais bref viens on y va, dit-elle en me lançant un seul regard Je n'avais pas besoin d'entendre plus pour savoir que Kamar n'était plus la même. Elle était dans sa robe moulante, perchée sur ses hauts talons avec un air prétentieux. Ce n'était plus du tout la même. Je me demandais ce que j'avais bien pu faire, ce qui avait déclenché un tel changement en elle, pourquoi nôtre amitié n'était devenu qu'un simple souvenir. Je suis monté chez moi et j'ai tendu le pain à ma mère. J'étais encore choqué de la scène à laquelle je venais d'assister mais au fond de moi, je m'y attendais. Hakim n'a jamais vraiment été quelqu'un de bon pour elle, malheureusement elle ne le voit pas aveuglée par l'amour et je doute qu'il n'ait rien avoir avec son changement de personnalité. Et puis au final qu'est-ce que j'en ai à foutre ? Dorénavant elle fera sa vie et moi la mienne même si ça me tue de dire cela de Kamar et bien c'est elle-même qui en a décidé ainsi. Oui c'est mon amie, oui elle m'a toujours soutenue mais si elle ne veut pas de moi dans sa vie je ne vais pas la forcer. Elle le regrettera un jour ou l'autre.
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