Chapitre 8Le break s’arrêta devant une porte massive soutenue par deux gros piliers de granit, faisant ressurgir dans la mémoire de Mary Lester une scène qui s’était petit à petit effacée dans les limbes du temps, celle de sa première visite au domicile de Cécile Poingt quelque dix ans auparavant. Les arbres du parc avaient bien grandi et pris du volume depuis cette époque, et les haies, déjà hautes, s’étaient épaissies, interdisant toute vue sur la maison. — Un vrai château fort, ricana Fortin. Mary sentit, plus dans le ton que dans la remarque elle-même, l’hostilité méfiante de son équipier envers les « gros riches » qui habitaient ce quartier privilégié. N’avait-il pas avoué à Mary que ce domaine, avant d’être livré à la spéculation foncière par le vieux Picaud, comme il l’appelait,


