LE VISAGE DE LA LIONNESix heures du matin. Mes mains tremblent d’épuisement. Mauvais souvenir. Heureux souvenir en même temps de cette « désincarcération terrestre » qui survenait, à des moments aussi inattendus que magiques (ou diaboliques) dans cet atelier parisien où j’étais capable de travailler jusqu’à seize heures consécutives, la nuit surtout, et une fois ou deux, oui, de dix heures du soir à deux heures de l’après-midi. Un vilain gnome était venu me sortir de ce brouillard coloré d’où avait émergé une gigantesque fresque représentant des animaux défigurés, sans gueule, démuselés, les adjectifs n’avaient pas manqué lorsque je l’avais exposée dans une espèce de salon parisien où mon galeriste savait me traîner. J’y buvais cocktail sur cocktail, faisant au galeriste le plaisir d’incar


