LA GRANDE MUSIQUEJ’ai déposé l’enveloppe contenant les deux billets d’opéra au-dessus de ma convocation pour l’audience de conciliation. Il est clair, effectivement, que Rosalie n’ira pas. Avec qui pourrai-je aller, moi ? La Flûte Enchantée, tout de même ! Curieusement, je n’ai pas de CD de Mozart à la maison. Je suis encore en train d’écouter Turandot. C’est une obsession. Téléphone. Albert. — Ma chérie ! Comment vas-tu ? J’augmente le son, voix de Callas qui hurle qu’elle hait les hommes. — Oh ! Tu écoutes de la grande musique ! — Ouais. Puis j’ajoute quelques mots, puis je raccroche. Plus jamais je n’entendrai parler de lui. Je songe à Patricia pour m’accompagner, mais je crois me rappeler qu’elle n’aime pas l’Opéra (tous ces gens qui crient…). Dire ça d’une œuvre de Mozart, ou


