V-10

2058 Mots

Miette dormait paisible, la tête sur la poitrine de Silvère, pendant qu’il rêvait aux rendez-vous lointains, à ces belles années de continuel enchantement. Au jour, l’enfant se réveilla. Devant eux, la vallée s’étendait toute claire sous le ciel blanc. Le soleil était encore derrière les coteaux. Une clarté de cristal, limpide et glacée comme une eau de source, coulait des horizons pâles. Au loin, la Viorne, pareille à un ruban de satin blanc, se perdait au milieu des terres rouges et jaunes. C’était une échappée sans bornes, des mers grises d’oliviers, des vignobles pareils à de vastes pièces d’étoffe rayée, toute une contrée agrandie par la netteté de l’air et la paix du froid. Le vent qui soufflait par courtes brises avait glacé le visage des enfants. Ils se levèrent vivement, ragaillar

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