À ce moment, on apporta la Gazette, encore toute fraîche. – Comment ! dit Pierre très surpris, Vuillet a fait paraître son journal ? Il déchira la b***e, il lut l’article de tête et l’acheva, pâle comme un linge, fléchissant sur sa chaise. – Tiens, lis, reprit-il, en tendant le journal à Félicité. C’était un superbe article, d’une violence inouïe contre les insurgés. Jamais tant de fiel, tant de mensonges, tant d’ordures dévotes n’avaient coulé d’une plume. Vuillet commençait par faire le récit de l’entrée de la b***e dans Plassans. Un pur chef-d’œuvre. On y voyait « ces bandits, ces faces patibulaires, cette écume des bagnes », envahissant la ville, « ivres d’eau-de-vie, de luxure et de pillage » ; puis il les montrait « étalant leur cynisme dans les rues, épouvantant la population pa


