Trop obnubilée par le fait que Méduse pouvait être le monstre à l’origine de l’incident, j’en avais complètement oublié de me changer. Mais après vingt minutes de route, la victime vivait à Bloomsburg, un autre trou perdu de Pennsylvanie, j’eus terriblement chaud. Je commençai à enlever ma veste, qui n’était pas de saison, et me rendis vite compte de ma bourde.
Oh my God ! Je composai rapidement le numéro de Kev et lui hurlai :
— Comment as-tu osé me laisser sortir ainsi ?
Il rigola.
— Chérie, je ne t’ai jamais vue aussi bien vêtue. Je n’ai pas encore pu te faire jeter ces vieux machins que tu oses appeler vêtements. Crois-moi, là, tu es juste parfaite.
— Mais Kev, on dirait que je sors d’une convention pour geeks !
— Eh bien, voilà, tu as trouvé une excuse si jamais quelqu’un te fait une remarque. Mais sérieusement, j’en doute. Tu es sensationnelle !
— Kev, tu es gay ? Parce qu’un mec qui se préoccupe autant de mode et qui peut parler vêtements en disant « sensationnel » ne peut décemment pas être hétéro.
— N’importe quoi, tu es juste jalouse de mon style.
Il n’avait pas tort, il y avait un peu de ça. Pourtant, je me posais vraiment la question. Je ne l’avais jamais vu flirter avec une fille. Bon, je n’avais pas beaucoup de temps à lui consacrer non plus, j’aurais pu passer à côté. Mais quand même.
Une heure plus tard, nous arrivions enfin sur les lieux du crime. J’avais abandonné mon manteau et me sentais complètement nue. J’eus droit à quelques regards appréciateurs de nos collègues, mais sinon, tout le monde sembla trouver normal de voir une femme en costume et en cape. Soit, ils avaient tous trop peur de moi pour avouer ce qu’ils pensaient vraiment, soit nous vivions dans un monde tellement pourri avec cette ruée de monstres en tout genre qu’à côté, ma tenue vestimentaire était du pipi de chat.
La victime, Christopher Dauz, était un ancien chasseur retraité depuis quelques mois à peine. Durant toutes ses années de service, il avait vécu à Centralia et s’était acheté ce petit pavillon pour y finir ses vieux jours. Dauz n’était pas agé, soixante ans à peine, mais pour un chasseur, c’était déjà bien trop. Il n’avait pas de femme ni d’enfant. Il avait donné sa vie à la MIN et était seul au monde, à présent. On ne savait pas depuis quand il était dans cet état. Personne n’avait signalé sa disparition avant que le facteur ne le trouve ainsi.
Une boule se forma dans ma gorge. J’aimais ma solitude, mais est-ce que c’était comme cela que j’allais finir ? Certainement que lui avait eu de la chance. Moi, je finirais sûrement étouffée avec des cacahuètes et on ne me retrouverait que plusieurs mois après, quand la décomposition aurait révélé l’odeur. Bon Dieu ! Pour la première fois de ma vie, je me demandais si c’était ainsi que je voulais mourir.
Un rire qui n’avait rien d’humain me tira de mes réflexions. Avant cela, j’avais été à deux doigts de m’endormir.
Rapidement, j’avais sorti mon arme, quand je remarquai que personne n’avait réagi.
Bordel, qu’est-ce que c’était encore que cette histoire ?
— Kev ? Tu n’as rien entendu ?
— Si. J’ai entendu une foldingue sortir son arme. Elle avait des cernes tellement gros sous les yeux qu’on aurait pu jurer avoir vu un zombi. Résultat, tout le monde ici pense que tu es assez timbrée pour tirer, alors ils jouent à 1, 2, 3, soleil : le premier qui bouge prend une balle. Il faudrait que tu dormes un peu. Tu es à cran, ma chérie.
— Non, ce rire sinistre, balbutiai-je.
— Tu trouves que j’ai un rire sinistre ? Bien, je me suis entraîné.
Je devenais folle ou quoi ? Je tenais mon arme contre moi comme pour me rassurer et sortit dépitée. De toute façon, il n’y avait rien à récolter sur cette scène mise à part la fichue statue de Dauz.
— Eh, Tash, m’appela Keyvan.
Je m’étais retournée, toujours aussi perdue.
— Apparemment, tiens, regarde ces fiches. Le gus travaillait sur le dossier Méduse. Ça m’étonnerait que ce soit une coïncidence. Il a dû entendre parler de l’attaque chez toi. Et il semblerait que Dauz n’ait pas encore été décidé à arrêter la chasse. Tu verrais son armurerie ! C’est impressionnant, même pour toi, et ce n’est pas tout.
Impressionnant et armurerie, deux mots qu’il ne fallait pas prononcer en ma présence. J’avais tendance à devenir hystérique dès qu’il s’agissait d’armes. Un peu comme une femme dans un magasin de chaussures en solde. Trois secondes. C’était le temps qu’il m’avait fallu pour traverser le salon de Christopher Dauz et me retrouver à la cave. Un endroit plein de surprises. Bien sûr, il y avait des armes. De très belles pièces, pour tout dire. Mais au centre de la salle, salle qui, soit dit en passant, n’avait pas de plancher, seulement de la terre un peu sèche au sol et par-dessus, un pentagramme y était dessiné à la peinture blanche. L’odeur du soufre et de la poussière me prit à la gorge. Je voyais des dizaines de bougies éparpillées un peu partout. L’encens avait dû brûler très longtemps, car une fragrance désagréable était imprégnée dans tous les meubles du sous-sol.
— Kev, dis-moi que ce n’est pas ce que je crois.
— Ce n’est pas ce que tu crois, dit-il sur un ton hésitant.
— Ce crétin a ouvert un portail vers le royaume.
Le royaume était le monde d’où la flambée de monstres qui nous avait envahis arrivait. Il se pourrait qu’il s’agisse d’un ensemble de portails s’ouvrant sur différents mondes. Personne n’en était jamais revenu et nous n’avions donc pas beaucoup de renseignements pour étayer les spéculations.
— On ne peut pas savoir si c’est lui.
— Bien sûr que si ! Va voir ses mains, elles ont des entailles profondes et irrégulières malgré sa transformation en pierre, je n’ai pas compris tout de suite, mais c’est qu’il devait utiliser la magie assez souvent.
Le portail avait besoin de sang pour être nourri. La magie avait toujours un coût.
— Mais c’est un chasseur, Tash !
— C’était. Il faut croire que la retraite lui a donné d’autres idées.
— Quelles sont les chances pour que Méduse vienne de ce portail ?
— À mon avis, les chances sont nulles, répondis-je en arpentant la cave. Les monstres ne s’en prennent pas à leur invocateur sauf quand le sort tourne mal. Et ici, les choses sont en trop bon état pour qu’un monstre en colère ait pu passer par-là. Cette bête qui s’en prend aux nôtres est calme et choisit ses victimes. Deux agents de la MIN en seulement deux jours. Je ne crois pas aux coïncidences.
Kev lâcha un petit couinement désagréable et balança :
— Tu veux dire que nous avons affaire à deux gorgones ?
— Non, crétin ! Je veux dire qu’il y a des chances pour que nous ayons plusieurs monstres en liberté.
Je pris le temps de réfléchir.
— Rectification. Je pencherais pour une autre explication vu qu’on n’a pas eu d’appels signalant la présence d’intrus. Quelles sont les chances pour que ce sort ait abouti ? Je dirais presque nulles. Dauz était sur le terrain comme nous, il n’a pas eu de formation magique. Soyons optimiste, même moi, je ne saurais invoquer un monstre et j’ai suivi la formation magique. Dans ce cas, il nous reste une question : qui a refilé des informations à Christopher Dauz ? Quelqu’un à la MIN a sacrement merdé et nous nous retrouvons à en payer les conséquences.
— Qu’est-ce que ça veut dire ? renchérit un autre chasseur. Blake, si je ne me trompais pas.
— Ça, j’aimerais bien le savoir, avais-je prononcé, songeuse.
En réalité, je pensais qu’il y avait un traître parmi nous, mais le dire à haute voix n’aurait fait que braquer les autres chasseurs, or j’avais besoin que ce ripou pense que son implication était le cadet de mes soucis. Il devait ignorer que je le traquerais et penser que seule Méduse m’intéressait.
La nuit tombait déjà et elle n’apportait avec elle aucune réponse. Après avoir inspecté la maison de Dauz, il fallait se rendre à l’évidence, nous avions fait chou blanc. Enfin presque.
Qu’est-ce qui pouvait pousser un chasseur à la retraite à invoquer les monstres ?
J’avais suivi quelques cours de magie durant mon entraînement à la MIN, et même si je n’étais pas une experte…
Oui bon, bon, j’étais carrément nulle. Mais je savais reconnaître le symbole de l’eau. Et il était partout dans cette f****e baraque. Sans oublier tous ces putains d’angelots qui arpentaient chaque recoin, chaque mur.
— Kev, tu avais suivi des cours de magie à la MIN ?
Keyvan s’étouffa presque.
— Bon Dieu, non ! Il n’y a que des gens bizarres en magie.
J’observai les autres agents et personne n’avait semblé percuter.
Ils avaient tous dû se spécialiser dans les combats.
Les gens avaient tendance à penser que pentagramme égal magie noire, et que les anges symbolisaient le bien. Ces mêmes personnes n’auraient pas compris qu’on puisse mélanger les deux. Si je me basais sur le peu que je connaissais de Christopher Dauz, il aurait voulu invoquer un dieu ou un ange pour qu’il lui évite des problèmes. L’eau étant liée à la protection.
Mais pourquoi ? De quoi avait-il peur ? Qu’est-ce qui mériterait qu’on utilise une telle magie ?
Et puis cela expliquait bien des choses. Dauz était forcément un débutant. Sinon, jamais il n’aurait voué un culte aux anges. Il avait sûrement vu en la magie un moyen de choper le frisson qui lui manquait tant après avoir raccroché.
Cinq ans plus tôt, un ange avait viré tueur en série. Il aimait collectionner les morceaux. Quand je l’avais trouvé puis exterminé, j’avais aussi découvert ses trophées en décomposition. L’odeur était immonde.
Ça n’avait pas pourtant pas l’air de le gêner. Personnellement, j’étais convaincue que, quel que soit son nom, un monstre était un monstre. Qu’il se fasse appeler ange, démon ou dieu, cela n’avait aucune importance. Dauz l’avait certainement appris à ses dépens. Ce qui m’amenait à ma seconde question : que venait faire Méduse dans l’histoire ? Nous n’étions pas plus avancés et je devenais de plus en plus suspicieuse.
Au début, j’avais cru que l’agent Fredman avait falsifié les dossiers et laissé ma cible s’enfuir. Ce n’aurait pas été la première fois qu’un monstre charmait un humain. Maintenant, je penchais plus pour un acte délibéré de la MIN où Fredman devenait un témoin gênant.
Toutefois, j’avais pour ma part un autre problème sur le feu. Carl Myers. Une idée folle venait de germer dans mon esprit. Ce n’était pas celle du siècle, mais pour l’instant, je m’en contenterais, je n’avais rien de mieux. Plus qu’une journée avant que ce gros porc de Myers ne me mette au placard. Il n’en était pas question.
— Kev, penses-tu pouvoir arrêter toutes les caméras de surveillance de la MIN et faire passer ça pour un problème technique ?
— Dois-je te demander ce que tu as l’intention de faire ?
— Il ne vaut mieux pas. Alors, tu pourrais ? demandai-je avec espoir.
La question n’était pas vraiment de savoir s’il pouvait, mais plutôt s’il allait m’aider. Cette histoire pouvait lui coûter sa place.
— À qui crois-tu avoir affaire ? Bien sûr que je le peux, mais quoi que tu aies décidé de faire, tu devras le faire vite. Le générateur prendra le relais au bout de deux minutes.
— Ça suffira, souris-je.
Ce qu’il y avait de bien avec un ami comme Keyvan, c’était qu’il avait une confiance quasi aveugle en moi. Il ne posait pas de question inutile et préférait toujours en savoir le moins possible au cas où il serait interrogé.
Je grimpai dans ma bichette et pris rapidement la route. J’avais un rendez-vous avec Carl et je ne voulais surtout pas le rater.
Il pleuvait et la nuit s’était totalement installée quand je parvins aux abords de Centralia, bien à l’abri des caméras. Godric m’avait informée que notre ami commun venait de quitter les bureaux et qu’il ne tarderait pas à arriver de mon côté.
Je me garai et regardais la route quand la porte passager de ma bichette s’ouvrit et que Valaraukar s’assit comme s’il y avait été invité.
— Je dois dire que sur ce coup, tu m’impressionnes tellement que je ne voulais rater ça pour rien au monde.
— Tu m’en diras tant.
— Quel est le plan ? s’excita-t-il.
— Regarde et apprends, me contentai-je de lui répondre. Et interdiction de te changer dans ma bagnole.
— Ouais, je savais que je m’étais emballé trop vite, tu es vraiment une chieuse.
Je souris, la porte claqua sans que je voie Valaraukar. Il devait s’être transformé. Encore vêtue de la ridicule combinaison et trempée jusqu’aux os, je me penchai assez pour que mon petit c*l rebondi soit bien en évidence. Je présumais que Myers était un pervers. Nous serions vite fixés. Ce mec ne faisait jamais rien sans intérêt. Si j’avais foiré, il passerait son chemin. Mais j’en doutais. La tête penchée sous mon capot, je faisais semblant d’avoir une panne quand les feux de la petite Twingo de Myers clignotèrent, signe que mon plan fonctionnait. Ce pervers était loin de se douter que la paire de fesses qui le faisait saliver était la mienne. Rapidement, il descendit du véhicule.
— Puis-je vous offrir mon aide, mademoiselle ?
Je mourais d’envie de me retourner et de crier comme une enfant : je t’ai eu ! Pourtant, je le laissai se rapprocher avant de lui faire face. Je ne voulais surtout pas qu’il ait le temps de revenir dans sa voiture. Dans quelques instants, les caméras allaient s’éteindre et il faudrait que j’en aie terminé. Quand finalement, j’évaluai qu’à cette distance, ce gros plein de soupe ne pourrait plus me faire faux bond, je me retournai, le sourire aux lèvres.
— Oh, avec plaisir, Carl.
Il eut à peine le temps de réaliser que déjà, je fondais sur lui et l’assommais. La MIN n’aurait jamais pu imaginer que son entraînement me servirait à mettre hors d’état de nuire l’un des siens.
J’allais le ligoter quand une espèce de caniche mutant aboya. Et m***e, j’avais oublié ces putains de familiers ! Je n’eus heureusement pas besoin de m’en inquiéter bien longtemps. Une énorme mygale distillait déjà son venin et en moins d’une seconde, la peluche sur pattes de Myers s’écroulait. Valaraukar était rapide et précis.
Je terminai ma besogne et attendis le signal de Kev. Il devait m’envoyer un message bidon quand il serait prêt. Celui-ci ne tarda pas à arriver : une photo de moi penchée sur le pentagramme de la maison Dauz. Une position très suggestive. Il y avait ajouté une légende.
— O’Cain en salira ses draps !
Je grimaçai, mais n’avais pas le temps de répondre. Il fallait emmener Myers jusqu’à l’entrée du cimetière, où je crus défaillir. Mon plan n’était pas parfait. J’avais omis que je devais porter ce tas de graisse. En sentant tout ce poids, je ne pouvais m’empêcher de penser que mon acte serait une providence pour lui. Il resterait quelques jours sans manger et peut-être perdrait-il quelques kilos. En tout cas, il ne mourrait pas, il avait des réserves.
— Un petit coup de main ne serait pas de trop, criai-je à la mygale, qui me suivait au pas.
Pour toute réponse, une fine toile atterrit sur ma main. Elle me narguait, foutu monstre !
J’avais décidé de cacher Myers sous le nez de tous. Dans l’un des caveaux du cimetière. Les murs y étaient tellement épais que même s’il hurlait à en perdre la voix, personne ne l’entendrait.
Il resterait là le temps que j’extermine Méduse. Pour le reste, je n’avais pas réfléchi jusque-là. J’aviserais le moment venu.
Oui, tout bon plan avait ses failles. Et puis, on ne me payait pas pour penser, seulement pour donner la mort. Le muscle avait dû s’atrophier en chemin.
Je quittai rapidement la ville, laissant la mygale derrière moi, la chargeant de se débarrasser du véhicule de Myers, alors qu’il ne restait que cinq secondes à mon chronomètre. J’avais eu chaud. Ce problème réglé, j’allais pouvoir me concentrer sur la traque.
J’étais déjà en route pour rentrer chez moi quand je fis brusquement demi-tour. Je venais de me rendre compte que s’il y avait enquête, ils se demanderaient ce que je fichais à Centralia si personne ne m’y avait vue. Il serait facile de retracer mon téléphone. Alors, je décidai de faire un tour au boulot, ne serait-ce que pour arracher la tête de Kev, ce traître.
J’arrivai face au panneau sécurité alors qu’il pleuvait encore.
— Présentez votre carte, me dit Edith, tout sourire.
La g***e, elle allait me laisser me noyer sous la flotte ! Je tapai violemment sur la porte.
— Edith, ne t’amuse pas à ça avec moi, je suis d’une humeur de chien !
— Vous n’êtes vraiment pas drôle ! Et oui, vous avez tout du chien mouillé. Veuillez présenter votre doigt pour empreinte.
— g***e, g***e, g***e !
Mes menaces l’avaient laissée de glace et il avait fallu quinze minutes pour qu’elle me laisse enfin entrer. J’allais lui faire sa fête ! Quand j’arrivai à son bureau dégoulinant de partout, elle me sourit et me tendit un petit post-it. J’y lus une adresse et la regardai sans vraiment comprendre.
— Idris avait ses petits secrets, crut-elle bon de justifier.
J’étais encore plus dans le flou. Des petits secrets ? Et comment cette vieille peau était-elle au courant ?
Je pris sur moi pour ne pas la scalper, je relâchai SIG et m’exhortai à me calmer une fois que je lui eus arraché le post-it des mains. Mais Edith n’en avait pas fini avec moi.
— C’est quoi cet accoutrement ? Il y a une soirée déguisée ?
Je détestais cette combinaison, mais je détestais encore plus Edith.
— Quoi ? Ça t’emmerde de voir que la jeunesse t’a quittée ?
Je posai les mains sous mes seins.
— On est loin de tes gants de toilette tout raplapla.
Puis, je me palpai les fesses.
— Hum, j’ai encore de l’argus, contrairement à ton jelly belly tout flasque. Ouvre donc tes mirettes, la fontaine de Jouvence est en train de filer.
Mon sourire refit son apparition alors que le visage d’Edith s’était décomposé. Tout bien réfléchi, c’était beaucoup plus jouissif que de l’enterrer au fond du jardin.