Le Palais Impérial formait, à lui seul, une véritable ville et je fus logé, avec mes compagnons, dans son plus beau quartier, en une sorte de Pavillon d’Été, complètement isolé. Je pris pour moi, bien entendu, le plus magnifique appartement, Hendrik Hamel et Maartens durent, ainsi que les autres matelots, accepter en ronchonnant ce que je leur laissai. La première journée ne s’était pas écoulée que Yun-san, le Grand Prêtre bouddhiste, me, faisait appeler. Il ordonna, quand je fus devant lui, qu’on nous laissât seuls. Nous étions assis tous deux sur des nattes épaisses, dans une pièce sombre. Juste Dieu ! Quel homme que ce Yunsan ! Quel esprit délié et pénétrant ! Il se mit, incontinent à scruter mon âme en tous ses replis. Il était fort bien renseigné sur tous les autres pays de l’univer


