Pensant que l’attaque ennemie allait reprendre, comme la veille, avec le soleil couchant, je me faufilai dans la tranchée, sous les chariots, près de Laban, que j’y rencontrai. J’avais d’abord hésité à me faire voir de lui, craignant qu’en me découvrant là, il ne m’ordonnât de retourner sur mes pas. Il n’en fut rien. Il continua à observer avec méfiance, entre les roues des chariots, tout en mâchonnant son tabac. De temps à autre, il crachait toujours à la même place. Ce qui avait fini par creuser dans le sable un petit trou. Je me hasardai à rompre le silence. — Comment, dis-je, vont aujourd’hui les espiègleries ? C’était une façon de me moquer de lui, car toujours il m’abordait par cette même phrase. Il ne broncha pas et répondit : — À merveille, jeune homme ! Et mieux que jamais j


