CRYSTAL La chambre est d’un calme aberrant. C’est la première chose qui me frappe. Un calme qui n’existe pas à New York. Aucun bruit de circulation. Aucune sirène. Même pas le grondement sourd et continu que j’entends d’ordinaire, même derrière les murs les plus épais Ici, le silence est travaillé. Poli. Domestiqué. Les rideaux sont tirés, mais je devine la qualité du verre derrière : anti-bruit, anti-intrusion, anti-tout-ce-qui-pourrait-me-rappeler-que-je-vis-dans-un-monde-hostile. Le lit est immense. Trop grand pour une seule personne. Les draps sentent le propre déjà de loin , pas le détergent agressif des hôtels, mais quelque chose de plus discret. Une lessive choisie pour ne pas irriter. Pour rassurer. Je déteste ça La bêta femelle de Norman se tient près de la porte.


