– Seule ? fit la vieille dame curieusement. Vraiment seule ? Est-ce possible ? Tout cela s’agite, murmure… Je ne suis jamais seule. Elle passa délicatement la main sur l’épaule de Chantal et dit après un silence, les yeux clos, avec un profond soupir d’attention : – Pourtant, lorsque tu parles, je n’entends plus que toi… Je perds le goût de me défendre, ma tête se délasse. Bien sûr que je suis vieille, allons ! Mais j’ai quand même plus de jugement qu’eux… Tu ne mens pas, toi, ma jolie… On t’écoute, on respire ; que cela est frais !… Tu as raison, tiens ! À mon âge, je devrais tout lâcher… Mes doigts ne serrent plus, je me tracasse pour des sottises. Elle laissa couler entre ses paupières, vers sa petite-fille, un regard indéfinissable, à la fois anxieux et rusé : – Qu’est-ce que tu ve


