Un Dieu jaloux… En Dieu ce désir pensif, sévère, cette âpreté, cette avidité de la créature ? Elle n’y pouvait croire encore – ou c’était là une vision trop hardie, trop sublime, dont elle devait détourner son regard. Et puis le mot lui-même était pour elle vide, presque insensé. Elle ne jalousait personne, et si profondément qu’elle s’interrogeât, il lui semblait que nulle jalousie, même divine, ne trouverait en elle son objet, car elle se sentait de jour en jour moins capable de refuser rien, sûre de ne rien posséder. Elle croyait sa vie trop simple, trop étroitement commandée par des devoirs monotones, quotidiens, pour qu’elle risquât de s’éloigner jamais beaucoup, moins par vertu que par une humble nécessité, de la place exacte où l’eût cherchée le maître le plus exigeant. Car c’était


