Des pertes de sang l’épuisaient davantage chaque jour. On avait fait venir un vétérinaire, qui s’était mis à rire en le voyant. Comment ! on le dérangeait pour ce chien ? Le mieux était de l’abattre. Il faut bien tâcher de prolonger un homme, mais à quoi bon laisser souffrir une bête condamnée ! On avait jeté le vétérinaire à la porte, en lui donnant les six francs de sa consultation. Un samedi, Mathieu perdait tant de sang, qu’il avait fallu l’enfermer dans la remise. Il semait, derrière lui, une pluie de larges gouttes rouges. Comme le docteur Cazenove était venu de bonne heure, il offrit à Lazare de voir le chien, qu’on traitait en personne de la famille. Ils le trouvèrent couché, la tête haute, très affaibli, mais l’œil vivant encore. Le docteur l’examina longuement, de l’air réfléchi


