LXVAziyadé arriva le soir, me racontant combien elle avait été inquiète, et combien de fois elle avait dit pour moi : – Allah ! Sélamet versen Loti ! (Allah ! protège Loti !) Elle m’apportait quelque chose de lourd, contenu dans une toute petite boîte, qui sentait l’eau de roses comme tout ce qui venait d’elle. Sa figure rayonnait de joie en me remettant ce petit objet mystérieux, très soigneusement caché dans sa robe. – Tiens, Loti, dit-elle, bon benden sana édié. (Ceci est un cadeau que je te fais.) C’était une lourde bague en or martelé, sur laquelle était gravé son nom. Depuis longtemps, elle rêvait de me donner une bague, sur laquelle j’emporterais dans mon pays son nom gravé. Mais la pauvre petite n’avait pas d’argent ; elle vivait dans une large aisance, dans un luxe relatif ;


