Chapitre 29On se serait cru sous une tonnelle de vigne au mois d’août. Les seiches avaient convergé par milliers pour atteindre la frayère. La fatigue du long voyage vite chassée par la pulsion des jeux de l’amour. Elles nageaient en un ballet aux règles connues d’elles seules, cherchant leur partenaire ou, l’ayant déjà choisi, le lieu où se reproduire en toute quiétude à l’abri du regard des envieux. D’autres, qui n’avaient pas encore trouvé avec qui prolonger le cycle de la vie, divaguaient, promptes à user de leurs deux longs tentacules pour attirer les prétendants. Les rescapées de la grande migration annuelle, après le prix payé aux prédateurs marins, aux hommes ou à l’épuisement pour celles qui s’étaient égarées en chemin, évoluaient sous les yeux de Denis, tout occupées à assurer l


