Chapitre 18Le taxi arriva tôt le lundi matin. Denis avait décidé d’accompagner les filles jusqu’à leur école avant de prendre le train du retour. Le chauffeur l’attendit, le temps qu’il conduise Rose jusqu’à l’administration pour justifier de son absence et remettre les médicaments qu’elle devrait prendre quelques jours encore. L’intendant lui réserva un accueil courtois, empreint, quand il demanda des nouvelles de leur maman, de ce que Denis perçut comme une compassion affectée. Il réagit avec un certain agacement, sans chercher à le dissimuler vraiment. L’intendant le comprit, le gratifiant aussitôt, en silence, d’un sourire qu’il voulait chaleureux, ce qui eut le don de renforcer l’irritation du père d’Oriane. Il n’avait aucune envie, ce matin-là, d’une forme quelconque de pitié, ni d


