Chapitre 9Ils demeurèrent ainsi un long moment, toujours silencieux, absorbés dans leurs pensées, à courte distance des roches que Denis avait si souvent côtoyées, auprès desquelles il avait dispersé les cendres de Louis quelques semaines auparavant. Il avait redouté, ce matin-là, d’ouvrir l’urne funéraire, à l’idée de la confrontation avec les cendres noires, une couleur qui l’inquiétait. Il craignait leur contact avec sa peau, quand viendrait le moment de les jeter à la mer. Il n’était pas question de les balancer d’un coup comme on se débarrasse d’un objet dont on se sait plus que faire. Ne voulant pas laisser cette tâche à Zita, il s’était résolu à ouvrir la boîte qui hébergeait ce qu’il leur restait du père. Ce qu’il avait vu alors en soulevant le couvercle de bois l’avait apaisé. Car


