XI

2647 Mots

XIDans le vieux salon aux meubles fanés, Mme de Courbarols, Manon et Maun-Sing s’entretenaient, un peu plus tard, tandis qu’Adrâni, la vieille ayah demeurée au service de la jeune femme, servait silencieusement le thé. La comtesse entourait de son bras les épaules de sa fille et couvrait de regards le beau visage ému. Elle disait à Maun-Sing : – C’est un trésor que vous avez là, prince ! Et le maharajah répondait, avec un regard d’amoureuse complaisance sur la jeune femme : – Voici longtemps que je m’en suis aperçu, madame. C’est bien pourquoi j’ai voulu m’en assurer la possession pour toute la vie. « Manon vous dira que je m’y suis pris d’abord d’une manière un peu trop... orientale. Mais, enfin, elle a bien voulu me pardonner et m’accorder l’inestimable bonheur d’unir mon existence

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