VIIIManon était encore fort souffrante le lendemain. Les affres de la nuit atroce, les émotions diverses qui les avaient précédées et suivies, les soucis poignants qui lui venaient de Maun-Sing, tout s’accumulait pour la briser moralement et physiquement. Le maharajah continuait à l’entourer d’une amoureuse sollicitude. Mais la tristesse, le blâme silencieux de la jeune femme mettaient entre eux une gêne profonde. Ils ne reparlaient plus du sujet qui les divisait. Manon avait compris qu’au point où en était Maun-Sing, il lui serait impossible de l’amener à se détourner de la voie fausse, dangereuse et criminelle dans laquelle il s’engageait. L’inquiétude, les pensées angoissantes ne la quittaient plus... Sans cesse, elle se demandait : « Comment finira tout cela ?... » Et de quelque faço


