Maintenant, une lueur d’aube s’insinuait, par des fenêtres étroites et haut placées, dans la salle qui servait de prison à la jeune femme. Elle éclairait les murs de grès rosé et le sol garni d’un dallage en partie brisé. On ne voyait autre chose, ici, qu’un débris d’autel, décoré de figures représentant des divinités hindoues. En face de l’endroit où était étendue Manon se trouvait l’unique porte, faite d’un bois épais. La jeune femme eut tout à coup un léger sursaut en entendant un grincement. Cette porte s’ouvrait, livrant passage à un homme. C’était le jeune Hindou que Sâti avait appelé Juggut. Il vint à Manon, qui se redressait un peu, et demanda, dans son mauvais français : – Parlez-vous anglais ? – Oui. – Ah ! bien... alors, j’aime mieux, parce que la langue de votre pays, je


