Le lendemain.
La lumière du matin n’a pas franchi les rideaux épais de cette chambre. Ici, le jour et la nuit n’ont plus de sens.
Je suis restée immobile des heures, figée dans ce lit trop vaste, trop lourd de souvenirs. Chaque centimètre de ma peau porte les traces de la nuit passée — ses mains, ses lèvres, sa volonté.
Et malgré moi, malgré ma haine, malgré l’horreur… mon corps réagit encore.
Je me déteste pour ça.
Quand enfin la porte s’ouvre, mon cœur bondit. Mais je ne veux pas qu’il voie ma peur. Je me redresse, le dos droit, les poings crispés sur les draps.
Derek entre. L’allure calme. Impeccable. Une chemise noire ouverte sur son torse. Le regard brûlant, plus sombre que jamais.
Il ferme la porte.
Un silence.
Puis, un sourire. Léger. Prédatrice.
— Debout, Juliette.
Sa voix est plus basse, plus rauque que la veille.
Je ne bouge pas. Je le fixe. J’ai encore mal partout. Mais ce n’est pas ça qui me retient. C’est cette part de moi qui refuse. Encore.
Il penche la tête.
— Il serait regrettable de devoir te forcer dès le matin.
Je me lève lentement, sans détourner le regard. Si je baisse les yeux, il aura gagné.
Il sourit. Un éclat satisfait dans les yeux.
— Parfait. Tu apprends vite.
Il s’approche. Sa main effleure ma hanche nue, glisse sur ma taille, ma joue. Chaque contact me brûle.
— Aujourd’hui… on change les règles.
Je serre les dents.
— Les tiennes, ou les miennes ?
Il rit doucement.
— Les miennes, évidemment.
Il attrape une robe fine, en soie noire, la déplie devant moi.
— Mets ça.
Je ne bouge pas.
— Tout de suite.
Le rouge me monte au visage. Mais je n’ai pas le choix. Je saisis la robe. La passe lentement sur ma tête. Ses yeux suivent chaque geste, chaque frisson de ma peau.
Quand je finis, il s’approche encore. Ses mains lissent le tissu sur mes hanches.
— Parfaite.
Je déteste cet homme.
Il m’attrape par le poignet, m’entraîne à travers le couloir. Mon cœur cogne. Où m’emmène-t-il cette fois ?
Il pousse une autre porte. Une pièce plongée dans la pénombre. Une salle de jeux.
Je le comprends aussitôt. Les murs sont tendus de velours noir. Des chaînes pendent aux poutres. Au centre, un fauteuil de cuir, massif. Une table basse sur laquelle reposent des accessoires que je n’ose détailler.
Un frisson me parcourt.
— Ce matin, dit-il doucement, je vais te montrer… jusqu’où tu peux aller. Et ce que ton corps réclame vraiment.
Je recule instinctivement.
— Non.
Il me saisit par les hanches, me plaque contre lui.
— Ne dis pas non. Dis "encore".
Je tente de me dégager. Mais sa poigne est d’acier.
Il me soulève, me porte jusqu’au fauteuil. Me fait asseoir. Son regard plonge dans le mien.
— Les chaînes ? Pas aujourd’hui. Juste ton souffle. Ta volonté.
Il s’agenouille devant moi. Ses mains caressent mes genoux, remontent lentement sous la soie.
Je ferme les yeux, tente de résister. Mais ses gestes sont lents, calculés. Il joue avec mes nerfs, mes sensations.
— Respire, Juliette. Ouvre-toi à moi.
Je lutte. Mais mon corps réagit. Malgré moi.
Il le sent. Il sourit.
Ses lèvres frôlent ma cuisse, remontent le long de ma peau. Sa langue effleure l’intérieur de mes cuisses, déclenchant des frissons incontrôlables.
Je mord ma lèvre. Il ne m’aura pas.
Mais sa voix me trouble, rauque, persuasive.
— Laisse-toi aller… Tu es mienne. Ici. Maintenant.
Ses mains glissent, insistent. Sa bouche s’attarde. Chaque geste me pousse à bout.
Je ne veux pas. Mais je vacille. Mon souffle se fait plus rapide. Mon cœur tambourine.
Il murmure :
— C’est ça… ressens. Laisse parler ton corps.
Un gémissements m'échappe. Je me hais pour ça. Mais il sourit.
— Bien.
Il se redresse, me prend par les bras, me fait lever. Ma tête tourne. Mes jambes tremblent.
Il m’attire contre lui, son torse brûlant sous la chemise entrouverte.
— Maintenant, dit-il en murmurant à mon oreille… je vais te prendre. Lentement. Jusqu’à ce que tu ne puisses plus lutter.
Je le repousse faiblement.
— Non.
Il rit doucement, sans colère.
— C’est ce que j’aime chez toi. Tu pence encore avoir le choix .
Il me pousse vers le mur, ses mains sur mes hanches, sa bouche dans mon cou. Chaque b****r envoie des éclairs à travers mes nerfs.
Je suffoque. Ma volonté vacille. Il gagne du terrain.
Ses mains dénouent la robe, caressent ma peau nue. Il me presse contre le mur, son souffle rauque, brûlant.
— Dis-le, Juliette. Dis que tu me veux.
Je hurle intérieurement. Mais un gémissement m’échappe.
Il rit doucement.
— Voilà.
Il me soulève, me porte vers le lit bas en cuir qui trône dans un coin. Il m’allonge, me surplombe de toute sa hauteur.
— Ne lutte plus. Abandonne-toi.
Ses lèvres dévorent ma gorge, ses mains explorent chaque parcelle de ma peau. Mes sens explosent. Je ne sais plus où je suis.
Je ne veux pas céder. Mais il est trop fort. Trop patient.
Il murmure, en me tenant fermement :
— Ce corps est à moi. Et bientôt… ton âme aussi.