18Le lendemain, 9 heures. Ce fut plus fort que lui, Charlie Raden avait à peine refermé la porte branlante de « La Virgule », le magasin spécialisé en disques de jazz de la vieille ville, qu’il lâchait l’info. Elle lui brûlait les lèvres depuis trop longtemps. Histoire de se sentir important pour une fois. Il profita d’une plage de silence entre deux enregistrements du dernier Chico Freeman qui tournait sur la platine, pour capter l’attention des deux filles qui tenaient le magasin, Francine et Marie-Paule. — Vous saviez qu’il y avait des squatteurs pas loin d’ici ? Ses petits yeux brillaient si fort derrière ses lunettes, à Charlie, que les deux vendeuses en furent intriguées. — Ah oui ? fit Marie-Paule. Un sourire de vamp, Marie-Paule, ce qui expliquait, en dehors de la spécialisati


